Hirak, un an après en Algérie : Entre interrogations et recherches du futur

Hirak, un an après en Algérie : Entre interrogations et recherches du futur

 53e manifestation des Algériens de Hirak, en ce 22 février 2020, noces de coton de ce mouvement, entré voilà un an par effraction dans la vie nationale et qui aura déboulonné, le démiurge politique algérien de ces 20 dernières années, Abdelaziz Bouteflika, et tente à coups de noircissement des rues d’Oran, de Constantine, d’Alger…, de déraciner tout le système bouteflikiste.

La lutte a été payante, car outre le départ de Boutef, de nombreux hiérarques et intouchables du pays ont été écartées ou embastillés, impensables il y a quelques années. On peut citer les 2 généraux du renseignement et ainsi que ‘’l’ombre’’ de Boutef, son frère cadet Saïd, sans oublier tous ces tycoons financiers, véritables ripoux à col blancs qui sont en train de rendre gorge. Toutes ces victoires, c’est peu ou prou Hirak qui a permis de les engranger.

Mais une année après, surtout avec l’élection de Abdelmadjid Tebboune, à la présidence et la disparition du véritable homme fort  de la transition, le général Gaïd Salah, Hirak ne doit-il pas réprofiler sa lutte ?

Les ‘’vendredisations’’ et les ‘’mardisations’’ ne sont-elles pas inopérantes, au regard des enjeux  présents?

Du non au 5e mandat de Boutef au tabula rasa du système, n’y a-t-il pas lieu de revoir et la stratégie et les objectifs ?

Qu’on le veuille ou non, Tebboune, n’est ni de Hirak, et a fait partie du système vomi, mais il a été élu et certains s’en accommodent, lui-même essaie, compte tenu de cet handicap originel d’amadouer Hirak, alors, n’y a-t-il pas une solution qui satisfasse le mouvement, avec Tebboune comme élément de ce compromis ?

En tous les cas, comme tout être vivant, tout mouvement même d’un peuple est in fine, gagné par l’essoufflement, l’obsolescence des buts de départ de cette révolution joyeuse se fait jour, Hirak n’échappe pas à cette loi de la thermodynamique. Il mobilise du monde comme celui de ce 22 février, mais beaucoup se demande : où allons-nous maintenant ? Ne faut-il pas réorienter la lutte ?

Les premiers responsables en sont conscients, d’où la naissance du Manifeste du 22 février. Remake de celui du 1er novembre 1954 ? Pas certain. Hirak n’est pas synonyme de FLN!

Et il reste à voir si Hirak se muera en formation politique pour peser dans la conduite des affaires de l’Etat ou en société civile pour être un éternel contre-pouvoir !

Dans l’un comme l’autre cas, c’est l’heure des interrogations sur son devenir, car le déracinement de toute la galaxie rejetée,  secrétée ces 2 dernières décennies  ne le sera pas maintenant. Hirak devra opérer sa mue pour continuer le combat. C’est une question de logique, de réalisme et de survie .

La REDACTION

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