Hommes  d’affaires sino-burkinabè : Qui peut trouver 1 million de peaux d’ânes ?

Hommes  d’affaires sino-burkinabè : Qui peut trouver 1 million de peaux d’ânes ?

Le dimanche 2 septembre, dans la soirée, une rencontre d’échanges entre les hommes d’affaires de Chine et du Burkina a eu lieu, chapeautée par les deux chambres de commerce. Le chef de l’Etat y était. Climat des affaires, joint-ventures, financements, étaient au cœur de ces échanges au cours desquels l’histoire du besoin de Chinois en peaux d’ânes est revenue …et le Burkina est prêt à examiner cette question légalement.

Toute la brochette d’hommes d’affaires du Faso était là : les Lassiné Diawara, Apollinaire Compaoré, Mahamadi Savadogo, Idrissa Nassa, Mamounata Velgda…et leurs homologues chinois.

Le président de la Chambre de commerce du Burkina par la voix de son représentant, Mahamady Sanoh, a exposé ce que la Chambre attend des Chinois après cette reprise des rapports politiques intervenus le 26 mai dernier. Tout en présentant l’attraction de la destination Burkina. Pour la Chambre de commerce, il faudra accompagner l’élan de représentativité qui se dessine et saisir cette opportunité qu’offre la Chine continentale.

Son homolgue Zing Hu Wen dira des propos de même tonalité où il ressort que les relations Chine-Burkina ne peuvent être fécondes que par le commerce. Après une présentation de quelques atouts du pays des hommes intègres via un film de 10 mn, c’est la directrice de l’Apex, Bintou Diallo, de faire un zoom sur  l’aspect investissement au Faso.

Quant au ministre du commerce, Harouna Kaboré, il a saisi cette occasion pour souligner que si la mise entre parenthèse des rapports politiques entre les deux pays était bien réelle, commercialement, rien n’avait été rompu. Chiffres à l’appui, a montré les flux commerciaux et les ratios de 2016 et 2017 qui prouvent qu’en matière de commerce, les liens sont restés insécables : la Chine est restée le 2e client pour le Burkina en Asie, durant cette absence de rapport politique après Singapore et est la 9e destination pour les produits du Faso. Pour lui, la trajectoire chinoise est un exemple à suivre et le Burkina entend en profiter.

Les questions et contributions ont porté sur divers points qui sont entre autres, les problèmes liés aux joints-venture, à l’énergie, à l’agroindustrie, à l’économie numérique. Sur diverses questions, les ministres présents ont apporté des réponses et des contributions pour enrichir les débats. Ainsi en va-t-il de la grande argentière Rosine Sori/Coulibaly sur le Code des investissements ou du professeur Nicolas Méda que les questions de santé ou encore de Hadja Sanon de l’économie numérique sur celles relatives à son département.

Et ce fut le ministre de l’agriculture, Jacob Ouédraogo, en l’absence de son collègue des ressources animales, qui eut à évoquer une question qui a fait sourire plus d’un, mais d’un intérêt économique certain, pour le Burkina et qui pose un besoin pour la Chine.

«Chacun sait qu’il y a eu ces histoires d’ânes abattus et de leurs peaux saisies qui ont défrayé la chronique», dira le ministre Jacob, pour lui, si le gouvernement avait saisi les peaux de ces ânes, c’est que ce commerce se faisait dans l’illégalité. A présent, notre pays est disposé à examiner cette question qui se pose en termes de disponibilité de 1 million de peaux de baudets par mois dont a besoin la Chine.

Le Burkina dispose-t-il d’autant d’ânes pour se livrer à un tel commerce. Où trouver  1 million de peaux d’ânes chaque mois ? Le cheptel total du pays peut-il se permettre un tel commerce et pendant combien de temps ? Mais au fait, à quoi peut servir ces peaux d’ânes ? Nous avons posé la question à des Chinois qui parlent vaguement de vertus thérapeutiques sans autres précisions. Mais comme cette coopération économique ne se limitera pas à cela seulement….

Par exemple en matière de banques, Idrissa Nassa a souligné le dynamisme de 19 banques du Burkina qui financent les projets bien ficelés, idem pour le DG de Orabank. Enfin, le président du Faso a conclu les échanges en souhaitant que tout ce qui a été dit et décidé se concrétise, car à son niveau et lors de son entretien avec son homologue, Xi Jinping, il est question que  l’accent sera mis sur les gros travaux et non l’informel qui fait tant peur à certains commerçants burkinabè.

Zowenmanogo Zoungrana à Pékin

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