Houleux congrès manqué du RDS : Retour sur une crise née depuis 2016

Houleux congrès manqué du RDS : Retour sur une crise née depuis 2016

Bisbilles entre le président du RDS, Ouendlassida François Ouédraogo et le géniteur du parti, le Dima de Boussouma, exclusion de certains membres du bureau politique, sortie dans les médias, et in fine, ce congrès convoqué de façon unilatérale ce samedi 6 octobre 2018, selon l’aile du SG du parti, Karim Ouédraogo. Faux a rétorqué Ouendlassida Ouédraogo, qui dit avoir convoqué régulièrement le dit congrès et copie a été envoyée au president d’honneur vice-président le Boussouma. Même un communiqué dans la presse. Un congrès qui n’a pas eu lieu car s’étant transformé en quasi foire d’empoigne. Que se passe-t-il au RDS ? Retour sur les raisons d’une crise qui dure depuis janvier 2016.

Ce samedi 6 octobre 2018, au siège de l’ABMAQ, dès sept heures, plusieurs militants du RDS venus de Boussouma et de Ouaga étaient déjà aux alentours de l’entrée des lieux. Ce sont les partisans de ceux qui se sentent mis de côté par la direction actuelle du parti, et à côté ceux qui ne jurent que par Ouendlassida François Ouédraogo. La police aussi était là et consigne a été donnée semble t-il par les responsables du RDS de ne laisser entrer personne tant que le patron du parti n’aura pas fait son entrée. Il y avait donc là plusieurs militants du RDS, mais qui se regardaient en chiens de faïence, car désormais, une fracture les sépare. «Ils sont venus pour nous tabasser», dira Ouendlassida Ouédraogo. Aux environs de huit heures, lorsque le président du parti fera son apparition, il sera empêché par les ouailles du SG et par ailleurs, maire de Boussouma de pénétrer dans l’enceinte de l’établissement. S’en suivra une atmosphère surchauffée, frisant la foire d’empoigne. La police interviendra pour calmer les esprits. Mais le congrès venait d’avorter. Ceux qui l’ont empêché saisiront les documents du congrès… le Dima était depuis la veille dans son royaume de Boussouma.

Pourquoi en est-on arrivé à là ?  

Retour en 2016 : au lendemain des élections, et vu que le RDS a rallié la mouvance présidentielle, une première, car jamais, depuis 40 ans qu’il est dans l’arène, son géniteur, le Dima de Boussouma ne roule pour le pouvoir, mais est toujours… député de l’opposition. Pour ce coup-ci, à cause de Roch, il fera une entorse à cette posture. Le RDS avait engrangé 163 conseillers municipaux, un député (Dima de Boussouma). Le pouvoir élu, donnera un poste de secrétariat d’Etat au RDS, qu’occupe Mme Yvette Dembélé, un choix contesté par l’aile frondeuse, qui estime, que l’actuelle n’a pas été désignée selon les règles de l’art, et que c’est contre même la volonté du bureau politique. Or selon toujours le président du RDS, le choix de Mme Yvette Dembélé a été discuté d’abord avec les trois vice-présidents en présence du président d’honneur, le Dima, et c’est vrai que le Dima s’est opposé au choix de cette dernière, mais la personne qu’il a désignée, n’était pas du RDS, d’où le refus des vice-présidents.

Nous passons sur certains détails sur le maroquin de Mme Dembélé. Mais déjà, ce poste ministériel a été une des principales raisons de la crise, suivront d’autre griefs faits au président Ouendlassida Ouédraogo : non concertation de la base, surtout les militants de Sanmantenga, qui est le vivier du RDS avec 148 conseillers municipaux, et des comportements anti-principiels au parti. Par exemple, selon l’aile Karim Ouédraogo, le président du RDS, lui a interdit de venir au congrès , de même que d’autres personnalités du bureau.Réponse de Ouendlassida Ouédraogo «Karim Ouédraogo, le SG, a fait six mois en 2017, il ne venait aux réunions du parti, il ne paie pas ses cotisations, nos textes sont clairs, c’est son adjoint Charles Dipama qui assure son intérim», expliquera le président du RDS. Avant d’ajouter «après cela, il est revenu, il a voulu que je lui fasse le point, je lui ai dit non, car les militants sont égaux au RDS, cela m’a valu un mécontentement du Dima de Boussouma». Curieusement, Tangandé, le premier vice-président, qui avait démissionné, a été autorisé d’y participer, car, il aurait envoyé une lettre demandant sa réintégration le patron du RDS confirme. Les empêcheurs de la tenue de ce congrès, disent avoir saisi les documents du congrès, qui devait se tenir et y ont vu le Bureau que préparaient les congressistes où le Dima était maintenu à son poste de président d’honneur, mais de nombreux membres ont été rayés. Il y a un mois déjà, une délégation de l’aile qui conteste les méthodes de Ouendlassida Ouédraogo est allée rencontrer Simon Compaoré et Clément Sawadogo pour s’enquérir de la conduite à tenir car elle soupçonnait que ce dernier allait tenter un congrès anti-statutaire pour obtenir le récépissé du parti. Les deux ministres et responsables du MPP, devaient voir Ouendlassida et revenir faire le point. Jusqu’au 6 octobre, Simon et Clément n’ont pas fait de feed-back. Le RDS est-il menacé par le syndrome du PAI. Affaire à suivre .

La Rédaction

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