IBK à Sobane au Mali : Désolant air de déjà vu

IBK à Sobane au Mali : Désolant air de déjà vu

Atterrissage. Mine de compassion. Tristesse sous tous les couleurs funéraires peinte sur les visages. Mots de consolation. Tête secouée de façon triste devant les « traces » du carnage. Des exhortations. Ne pas verser dans la vengeance. Etc.  Puis ou avant, un gouverneur (celui de Mopti) limogé. Trois jours de deuil. Drapeaux en berne. Comme une sinistre litanie sans fin, les choses se répètent. Le scénario, à quelques séquences près, ressemble malheureusement à  celui d’Agossagou. Et rien ne prédispose que le futur ne risque pas de s’imprégner du présent.

 Par la grâce de Dieu, le nombre de macchabées en terre de Sobane a diminué. C’est ce que laisse croire le gouvernement malien, qui s’est fendu d’un communiqué  avant-hier 12 juin.

Malheureusement, la consolation est aussi courte que la queue d’une chèvre. Parmi les 35 morts, seulement 11 sont des adultes. Le reste est constitué d’enfants. 24 enfants ont ainsi été tués, froidement, sans aucune pitié. Quel être humain est capable de commettre une telle atrocité, si ce n’est des êtres réduits à l’état plus bas que la barbarie.  Et comment la visite du Chef de l’Etat à Sobane peut-elle changer cette réalité ?

Cette horrible révélation cache l’espèce de soulagement que l’on aurait pu ressentir en apprenant que le nombre de morts a diminué. Et n’atténue aucunement le poids du regard qui pèse sur l’efficacité des hommes qui sont au gouvernail du Mali.

Le gouvernement a beau appeler les médias à la « responsabilité », il ne doit pas se cacher de sa propre responsabilité dans ce qui arrive au centre  du Mali éploré.

Six personnes ont certes été interpellées, mais qu’est-ce que cela implique comme avancée notable dans la lutte contre cette escalade dans le pays ? Le gouverneur de Mopti a été limogé. Oui. Mais à lui seul que pouvait-il vraiment faire contre la survenue de ces faits ? Les responsabilités doivent être situées. La vérité doit être révélée aux Maliens sur ce qui attise et souffle sur la braise qui  brûle le Mali.

Certes, il est probable que les groupes terroristes aient trouvé le moyen de jouer aux fauteurs de troubles. Trouver le stratagème pour jeter les communautés les unes contre les autres afin de déclencher une situation de guerre civile, de  désordre généralisé où tout le monde devient l’ennemi de tout le monde. Dans ce capharnaüm généralisé, il est clair que l’Etat et son soutien la MINUSMA seront littéralement débordés et ne sauront franchement pas où mettre la tête.

Un terreau fertile donc pour les parasites terroristes de voguer dans un environnement qui leur est favorable et donc, de perpétrer ce pour quoi ils existent vraiment : trafics en tout genre et autres larcins dont ils ont seuls le secret.

Alors, de retour à Bamako, le président et le gouvernement maliens doivent vite se mettre à table pour couper à la racine cette gangrène qui est en train de prendre pied sur le centre de l’organisme malien. Il y a suffisamment de fronts pour s’offrir le fâcheux luxe d’en ouvrir un autre. Et ce ne sont pas de simples appels à ne pas céder à tentation de la loi du Talion qui pourront dissuader les monstres de la vindicte. Mais des actes.

Ahmed BAMBARA

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