Inhumation des 8 militaires tués par le GSIM :  Les accointances Blaise-Iyad Ag Ghaly exhumées au cimetière

Inhumation des 8 militaires tués par le GSIM : Les accointances Blaise-Iyad Ag Ghaly exhumées au cimetière

Hier 7 mars dans l’après-midi, au cimetière municipal de Gounghin, pelletée après pelletée, les Burkinabès ont donné de dignes sépultures aux 8 militaires tombés le 2 mars dernier, sous les balles assassines des ouailles d’Iyad Ag Ghaly. Un vibrant et poignant hommage a été rendu aux 8 cercueils alignés et recouverts du drapeau national. Familles, frères d’armes, amis, connaissances, de nombreux membres du gouvernement, l’ambassadeur de France au Burkina, Xavier Lapeyre de Cabanes ont assisté à ce dernier adieu à ceux qui ont fait le sacrifice suprême pour la patrie.

La foule immense, un millier environ a tenu à être présente pour signifier qu’en s’attaquant à ces symboles, les militaires représentent la force légale de la protection du territoire national, la Katiba, de l’insaisissable homme à la chèche et à la barbe broussailleuse, s’en est pris à tout le peuple burkinabè. Et que comme un seul homme, le peuple restera débout pour le combat. «Même à mains nues, nous les combattons» tonne un militaire à un confrère.

Colère, tristesse, ferveur et prière mais aussi messes basses et même, à la fin, des phrases ont été lancées ex-cathedra, sur la responsabilité du régime déchu, dans ces attaques à tiroir ont été constatés.

Qui en veut à Roch et au Burkina Faso ? Qui veut que le Burkina soit sur cale sous le pouvoir élu de Roch Kaboré ? Et chacun de ressasser l’exergue du communiqué du GSIM relatif à ce double attentat du 2 mars : «L’attaque vise à rappeler au régime burkinabè la politique du précédent gouvernement qui était restée neutre dans la lutte, des moudjhadines contre la France et ses alliés, qu’il ne s’était pas soumis à ses injonctions et a aussi évité de tomber dans la flaque de sang».

Pour une première fois, Iyad Ag Ghaly, dont certains Ouagalais se rappellent sa présence dans la capitale, ses visites dans le quartier Saint Léon, le doute n’est plus permis. Si donc le Burkinabè étaient épargnés de cette guerre asymétrique, née de la mort de Kadhafi et de la faillite de la Libye, c’est parce que Blaise avait tissé un deal avec les djihadistes. Quelle était la nature de ce deal ? Quelle monnaie d’échange pour que ces terroristes laissent le Burkina tranquille ? Quel était l’objet de ce troc politico-financier ?

En tout cas, il n’était pas rare pour certains clients de l’Hôtel Laïco de Ouaga 2000, de voir des touaregs assis sur des ‘’Poufs’’ dans le hall de la réception, sirotant du thé maure et devisant allègrement. A l’évidence avec Roch Kaboré, ces rapports ont pris fin, et régulièrement, le chef de l’Etat connu pourtant pour sa pondération, avait fini par se lâcher plusieurs fois pour dénoncer, les relations mafieuses entre le régime de Blaise et les groupes djihadistes sahéliens. Des sorties qui ont contraint le taiseux Blaise à briser son devoir de réserve pour dénoncer ce qu’il nomme des «accusations odieuses abjectes et scandaleuses…».

Au cimetière hier donc, on sentait la moutarde montée au nez des familles des victimes, un sentiment partagé par bon nombre de Burkinabè ras-le-bolisés par ce qui ressemble à un acharnement, et dont les commanditaires ne s’en cachent plus. La question basique est : que peut faire Roch pour faire cesser ce signe indien, qui hypothèque son quinquennat, et met le Burkina sur répondeur ?

Les réponses les farfélues aux plus sérieuses, vont de celles qui disent de  reprendre la pratique de Blaise Comaporé, en s’appuyant sur les 2 généraux incarcérés, Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé en passant par une poursuite de la lutte contre les djihadistes. Mais à la vérité, Roch depuis son élection, le 29 novembre 2015 a hérité de deux problèmes liés à la sécurité : il a hérité d’une armée à problèmes, traversée de crises centrifuges, dont les mutineries de ces dernières années ne sont que la partie visible de l’iceberg.

  • Une armée dont la chaine de commandement est rompue depuis quelques années, qui ne s’est jamais remise, et même des luttes générationnelles, qui ont culminé lors du putsch manqué du 16 septembre 2015.
  • Les questions de moyens et de renseignement sont également à revoir de fond en comble, en acceptant que certains dégagent pour mettre d’autres à leurs places.

Les morts au Nord de corps habillé et le retour de leurs cercueils, les attentats à Ouaga et les enterrements à répétition de militaires, gendarmes et policiers, commencent à agacer et c’est naturellement que tous les regards se tournent vers Kosyam. Il faut vite une prophylaxie pour éviter les itératives tueries.

Au cimetière de Gounghin, les réminiscences des relations Blaise-Iyad Ag Ghaly dont le retour de bâton coûte cher au Burkina ont été exhumées.

C’est l’enterrement de trop. Trop de cadavres ont été inhumés à cause
du terrorisme. trop de médailles à titre posthume sur des cercueils.
Trop de discours de réconfort, de compassion. Ils se suivent et se
répètent à tel point qu’ils deviennent monotones et lassants.
Ces discours de revigoration commencent à ne plus prendre. Il faut
donc changer la donne.

Désormais, prévenir. Le renseignement doit être plus coté. Il devra
avoir les moyens de sa politique pour éviter que ces genres de
situation ne se répètent. C’est le lieu, entre parenthèses d’ailleurs,
de demander plus d’apport réel à nos amis français et
américains dans ce domaine.

Ensuite, il faut travailler à tuer toutes les complicités à l’interne
de l’armée et ensuite, de la population. En cela, l’expérience du Niger
peut être importante, lui qui a réussi à extirper les soldats de Boko
Haram des rangs de ses fils et filles.

Et enfin, il faudrait que la population devienne la première
sentinelle de la nation. Les comportements doivent changer. Le temps
de l’insouciance est révolu. Chaque citoyen doit désormais être le
gardien de la sécurité.

Sam Chris

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