Au-delà de l’image d’Epinal (1) d’un Patrice Talon toujours dans son « 31 » et Boni Yayi dans son boubou blanc, deux « ex », c’est la démocratie béninoise qui s’est ainsi manifestée, même si des questions persistent sur l’avènement de cette Chambre basse au Bénin. Ils sont 24 sénateurs, tous quasiment ont eu la barbe blanchie sous le harnais de responsabilités politiques (députés-présidents-responsables de grandes institutions).
Crée par Patrice Talon, il y a seulement 6 mois c’est-à-dire à quelques encablures de la fin de son 2e et ultime mandat, le Sénat béninois ne laisse pas indifférent. Pour d’aucuns, Talon s’est aménagé un point de chute, pour toujours peser sur la vie politique nationale, notamment sur son dauphin devenu président, Romuald Wadagni.
Pour certains, Talon s’est taillé un brevet d’impunité au cas où§ Et pourtant au regard du fonctionnement des institutions, ni l’un, ni l’autre, sinon que nenni pour échapper à l’éventuelle épée de Damoclès de la Justice. Car, si c’est bien les « 25 » sénateurs qui feront la seconde lecture des lois issues de l’Assemblée nationale, cette institution n’est pas habilitée à engager un impeachment à la béninoise contre un ancien président. C’est toujours l’hémicycle qui a ce pouvoir. Les contempteurs du Sénat béninois estiment que c’est un garage pour caser des anciens politiques en mal de poste. Alors que l’esprit qui a guidé l’érection de ce Sénat est que cette vingtaine d’hommes, pétris d’expériences qui seront les derniers à manger la vache enragée, avec des restes viagers confortables. Confortables, ces personnalités sont à l’abri du besoin pour faire le travail à eux confié. Un peu de sagesse et de vision et ce Sénat sera très bénéfique pour le Bénin.
Hier à Porto-Novo, lorsque la très respectable Elisabeth Pognon a déclaré que « c’est un honneur redoutable de siéger au Sénat », elle ne croyait pas si bien dire, car il faudra prouver que cette Chambre ne sera pas une « caisse de résonnance » de l’Exécutif ! On peut aussi en douter, car même si les siégeants sont dit « acquis » au pouvoir, ils s’y trouvent de grands intellectuels, et rien que Boni Yayi, même débarrassé de ses habits de président des Démocrates, devrait porter une voix retentissante et objective dans ce cénacle. Peut-être aussi Hounkpè le candidat « accompagnateur » de Wadagni qui par de temps en temps par un sursaut pourrait apporter la réplique à des questions pendantes sur l’économie, le cas des opposants emprisonnés…
D’ici quelques mois, on verra si ce Sénat a été créé par besoin, ou il sera comme l’a été sous d’autres cieux, ses semblables « budgétivore » et garage pour has been !
(1) Yayi Boni a été ami et mentor de Patrice Talon. Les deux hommes se sont brouillés par la suite et ont fait la paix des braves.
Aujourd’hui au Faso


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