Investiture d’Ould Ghazouani  en  Mauritanie : Mohamed descend, vive Mohamed et merci à Poutine !

Investiture d’Ould Ghazouani  en  Mauritanie : Mohamed descend, vive Mohamed et merci à Poutine !

En Afrique, modifier la Constitution pour prolonger son  mandat à la tête de l’Etat n’est plus très à la mode. Blaise Compaoré l’a appris à ses dépens. Et s’il avait su… Il reste Alpha Condé qui fait des pieds et des mains pour s’engoncer dans cette mode. Mais il devrait peut-être demander conseil à Joseph Kabila. Celui-ci a trouvé la parade avec un Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo, certes, mais avec les mains liées.

La recette russe fait donc des émules en Afrique. Et les Mohamed l’ont compris en Mauritanie. Face à un Soudan où Omar El Béchir a été débusqué pour une vulgaire hausse de prix de pain et aux vendredis fatidiques pour Abdelaziz Bouteflika en Algérie, il fallait éviter de se mettre à dos les populations mauritaniennes, gavées par les inégalités qui ont prospéré comme des mauvaises herbes dans un champ.

Voilà donc le ministre de la Défense, à la stratégie payante contre le terrorisme, hissé au sommet de l’Etat, pendant que l’occupant du perchoir, s’éclipse dans l’ombre. Momentanément. Mohamed Ghazouani a pris le pouvoir. Certes. Mais il n’est pas exclu (c’est même une certitude) que l’autre Mohamed Ould Abdelaziz ne revienne à nouveau au-devant des projecteurs à l’échéance de son mandat présidentiel.

C’est donc un changement factice, le vrai tenant des rênes du pouvoir étant juste passer derrière la chaine, les cordes toujours en main.

En Mauritanie, les Mohamed ont réussi une prouesse. Depuis 2011, aucun incident lié au terrorisme n’a été enregistré sur le territoire national. Les Mauritaniens veulent le changement, mais ils sont raisonnables. Ghazouani a réussi à pacifier le pays. Lui permettre de le mettre en scelle pourrait lui assurer la possibilité de poursuivre son œuvre : travailler désormais à mieux répartir les richesses du pays et à démarrer le moteur du développement.

Cette perspective a sans doute justifié le peu d’échos des vociférations des opposants, qui accusent le pouvoir d’avoir volé leur victoire, au sein de la population.

Toutefois, les Mohamed ont un ultimatum. Les Mauritaniens ne sont pas dupes pour autant. Les regards sont dardés sur eux. Ils savent qu’il ne s’agit que d’un jeu de chaises musicales et que ce sont les mêmes qui sont toujours au pouvoir. Le temps du mandat de Ghazouani leur est donc accordé pour parfaire leurs chantiers. Le cas échéant, en 2023, les ambitions de girouette à la Medvedev-Poutine version Mohamed-Mohamed, risquent de faire quelques embardées.

Ahmed BAMBARA

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