Jacob Zuma, c’est fini ! Robert Mugabé fait  des émules

Jacob Zuma, c’est fini ! Robert Mugabé fait des émules

Le destin est souvent cruel, implacable et bégaie à bien des égards : il y a presque 9 ans jour pour jour, du haut de sa toute puissante présidence de l’ANC, un certain Jacob Zuma a poussé le Comité exécutif de ce parti réuni à Johannesburg a ‘’démissionné’’ le chef de l’Etat d’alors, Thabo M’Beki qu’un bras de fer judiciaire opposait.

A l’époque, blanchi par un non-lieu, Zuma a instrumentalisé, communistes, syndicalistes et Mouvements de jeunesse dont, Julius Malema à demander la tête du successeur du premier président noir de l’Afrique du Sud, Nelson Mandela. Thabo M’Beki avait accepté «circuler» le 21 septembre 2008 et avait encaissé le coup en tapinois. Et s’il est vrai, qu’il a rendu le tablier huit mois avant la fin constitutionnelle c’était surtout pour éviter «une crise politique et celle économique». Sage décision à l’époque quoiqu’on puisse dire sur les faits de Thabo M’Beki. Son remplaçant Jacob Zuma fera-t-il preuve de la même sagesse et de l’étoffe d’homme d’Etat, qui met les intérêts supérieurs au-dessus des siens ?

Car la question en ce 8 février 2018 n’est plus de savoir si oui ou non, le locataire du State House rendra le pouvoir mais quand est-ce il le rendra ? «Qui a bu boira» dit l’adage populaire. Déjà avant d’empoigner le mandat suprême de la nation arc-en-ciel, Jacob Zuma s’ébrouillait dans des scandales dont le retentissement soulevait l’encéphalogramme politico-judiciaire de son pays. Des années plus tard, et tout au long de son règne, Zuma a toujours drainé un parfum d’un homme corrompu et corruptible, partisan des dépenses somptuaires et des relations fleurant la concussion comme celles qui le lient à la fratrie Gupta. Mais c’est un homme aussi qui n’a jamais été aussi tenace que lorsqu’il a le dos au mur et un Machiavel tout fait. S’il a pu snober toutes les tentatives d’impeachment, les épées de la justice et a tenu souquer ferme le gouvernail sud-africain, c’est surtout dû à son long compagnonnage avec le thaumaturge sud-africain, dont pourtant il n’a pas pris l’exemple. En effet, Zuma, dans sa vie de lutteur anti-apartheid avait occupé le stratégique poste des renseignements. Du haut de cet observatoire, l’homme, en véritable Big Brother, sait à peu tout sur tout le gotha de l’ANC, en tout cas, de quoi plomber plus d’une carrière, ou de faire la nique à certains loups aux dents longues. Mais voilà, avec la montée de Cyril Ramaphosa, autre Mohican de l’ANC, Zuma sait à présent que les haricots sont cuits. Avant de pousser l’hallali, il sait que la seule option qui lui reste est de négocier une sortie honorable. En clair, un retrait tranquille, sans des emmerdes judiciaires. Merci à qui ? Merci au vieux Robert Mugabé du Zimbabwe, qui, après des jours et des jours de résistance, de ruses, a su obtenir un départ en or, au propre comme au figuré, puisqu’avec ce qu’il garde comme aquais, et ce qu’on lui versera comme subsides, lui et sa femme fatale, il a de quoi vivre le restant de ses jours, et le parapluie immunitaire en sus. Il ne serait pas étonnant, que le ‘’oui mais’’ de Zuma à sa défenestration avant août 2019 soit assorti de ce genre d’exigences à la Papy Bob. Le vieil zoulou sait qu’il y a un temps pour tout et sent les temps proches, car il ne pourra pas résister à la machine ANC, surtout avec un autre ‘’historique’’ à sa tête. Le report de son discours à la Nation initialement prévu pour ce 8 février et reporté sine die une première dans ce pays est indicateur, Zuma a perdu tous les ressorts qui le faisaient rebondir. Quelles garanties son ex-compagnon, Cyril Ramaphosa et l’ANC, proposeront-ils au désormais perclus de la présidence ? Ce départ suffira-t-il à colmater les brèches du parti historique qui préside aux destinées du pays depuis 1994 ? Quelle vie après la présidence envisage Jacob Zuma ? Patientons quelques jours.
Sam Chris

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