Jean-Pierre Bemba et la CPI : Un appel à double détente

Jean-Pierre Bemba et la CPI : Un appel à double détente

 

10 ans qu’il est  reclus à la CPI pour avoir envoyé ses ‘’Bembaboys’’, entre 2002-2003, porter main forte à l’Ange du palais de la Renaissance écrivions nous dans notre dernier edito. A Gdalolité où il a fixé son quartier général, au bord de l’Oubangui, Jean-Pierre Bemba, a menacé plusieurs fois de descendre sur Kinshasa avec ses soldats de l’Armée de libération du Congo (ALC). Il semble que c’est la France qui l’en a dissuadé. Dans cette ville sortie de terre de par la seule volonté du président- Léopard, le géant guerrier s’ennuie. Alors, s’il peut franchir l’Oubangui, et aller en RCA pour que ses soldats se dégourdissent les jambes… C’est cette équipée centrafricaine de ses militaires, que lui a valu d’être alpagué un matin en Belgique, et amené à la CPI, qui l’a jugé et condamné en 2008 à 18 ans de prison.

Pour crimes et surtout viols et violences sexuelles que ses 1 500 spadassins auraient perpétré sur des Centrafricains. C’était une première en 2010 qu’un procès portant sur des viols et violences sexuelles est connu de la CPI, comme crimes de guerre. 18 ans de réclusion donc, la peine la plus lourde jamais imposée par la CPI pour juger des crimes perpétrés dans le monde. En 2016, le patron du MLC a donc fait appel, arguant, qu’il n’en était pas responsable ! or la CPI a retenu la qualification de «responsabilité du commandant», lequel selon la procureure, Fatou Bensouda  «n’a pas pu prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que ces crimes ne soient commis».

Face à son appel, les juges de la Thémis mondiale ont interjeté aussi appel, trouvant, les 18 ans insuffisants et demandent 25 ans. C’est donc aujourd’hui 8 juin 2018 que le chairman connaîtra si le tunnel de la liberté est au bout, ou si l’écrou de sa prison sera serré plus fort. Un verdict en appel pour une double détente donc.

Car, avec le cas Jean-Pierre Bemba, et même un peu avec Laurent Gbagbo, se dégage un parfum, d’éloignement de tous ceux qui peuvent empêcher un chef d’Etat de gouverner tranquillement. D’où la question qui est dans tous les esprits : Va-t-on vers une levée d’écrou de JP. Bemba, pour rebattre les cartes en RD Congo, face à l’entêtement de Kabila ? La carte Bemba est-elle jouable en RD Congo, face aux katumbi, Félix Tshisékédi et autre Vital Kamhéré ? Bribes de réponses ce 8 juin à La Haye.

La Rédaction

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0