Journée mondiale de la Liberté de presse : Des velléités de caporalisation et des hypothèques dans certains pays d’Afrique

Journée mondiale de la Liberté de presse : Des velléités de caporalisation et des hypothèques dans certains pays d’Afrique

Hier 3 mai 2022, le monde des médias a célébré la Journée mondiale de la liberté de la presse. Comme à l’accoutumée, le Rapport annuel de Reporter Sans Frontières  (RSF) qui fait office de baromètre de la vie des médias au plan mondial a dressé un tableau peu reluisant. Placée sous le thème évocateur de : «Le journalisme sous l’emprise du numérique», cette journée est l’occasion pour chacun des 180 pays du monde de faire son introspection pour évaluer le niveau de la liberté qui est réservé aux hommes et femmes de médias.

Comme pour signaler le statuquo dans ce classement sur la situation de la presse, le trio de tête reste l’affaire des pays nordiques que sont Norvège, Danemark et Suède, qui apparaissent comme des modèles démocratiques où s’épanouit la liberté d’expression. Pendant ce temps, une douzaine de pays intègrent la liste rouge de notre classement, dont la Biélorussie (153e) et la Russie (155e). Parmi les pays les plus répressifs pour la presse, la Birmanie (176e), où le coup d’État de février 2021 a brutalement ramené la situation des journalistes dix ans en arrière, figure désormais aux côtés de la Corée du Nord (180e), de l’Érythrée (179e), de l’Iran (178e), du Turkménistan (177e) et de la Chine.

En Afrique, c’est la Namibie qui comme un ilot dans un désert, continue de nourrir l’espoir pour les travailleurs des médias. Sur ce continent, 14,58 % du territoire affiche une situation «plutôt bonne» en matière de liberté de la presse. 47,92% du continent affiche une situation «problématique», tandis que 33,33% affiche une situation «difficile». Enfin, 4,17% de l’Afrique affiche une situation «très grave», en matière de liberté de la presse selon RSF.

L’Afrique de l’Ouest, jadis présentée comme un élève en plein progrès est redescendue et a renoué avec les vieux démons de la prédation. Alors que le Mali, dégringole,  le Burkina Faso, 37e en 2021, perd quatre places et régresse à la 41e place sur 180 pays. Dans ce pays, qui a connu un boom des organes de presse, (80 journaux, 185 radios, 32 télévisions et 161 sites en ligne), la situation s’est quelque peu dégradée en même temps que la situation sécuritaire. On est bien loin des années de braise, (caractérisées par des arrestations, condamnations et assassinats) mais la presse burkinabè ne se porte pas si bien que ça. Entre les dernières restrictions de l’Internet mobile, le coup de force qui a déposé le régime Kaboré, le tout dans un contexte d’insécurité,  la liberté d’expression a pris des coups et le moins qu’on puisse dire c’est que des velléités de caporalisation et d’hypothèques restent prégnantes en Afrique. Il convient donc de maintenir haut le flambeau de la lutte pour plus d’espace et de liberté des médias pour inverser la tendance.

Davy Richard SEKONE

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