L’après-Législatives au Bénin : Réveil de la rancœur récuite Boni Yayi-Patrice Talon ?

L’après-Législatives au Bénin : Réveil de la rancœur récuite Boni Yayi-Patrice Talon ?

Incident au marché de Dantokpa la semaine passée avec la police, hier, le domicile encerclé par la même police, décidément, entre Boni Yayi et les éléments des forces de l’ordre, ce n’est pas le grand amour ces derniers temps.

Cadjéhoun, quartier résidentiel de Cotonou entre la mosquée et Bon Pasteur à quelques encablures de l’aéroport international du pays, échauffourées entre la police et des jeunes Béninois, autour du domicile de l’ex-président Boni Yayi.

Que s’est-il réellement passé en ce 1er mai 2019 à quelques jets de pierre de là ?

Selon les ouailles de Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), le parti de Boni Yayi, les éléments de la police avaient l’intention d’arrêter leur champion et eux, ils se sont interposés, d’où leur gazage à coup de lacrymogène. Selon ces jeunes qui ceinturent ledit domicile, jusqu’à hier soir, c’est avec des mouchoirs mouillés qu’ils parviennent à tenir tant les gaz lacrymogènes sont tirés de façon itérative.

Il n’a jamais été question d’arrêter Boni Yayi, a martelé en réponse, le DG de la police républicaine, Nazaire Hounonkpé, qui brandit l’argument, d’une mesure préventive contre une éventuelle chienlit que voulaient instaurer des badauds.

Pourtant l’avocat de l’ancien patron de la BOAD, devenu président du Bénin, Me Renaud Agbodjo confirme la thèse des jeunes militants du FCBE, car selon lui, hier dans la matinée, la présence inhabituelle de policiers autour de la maison de Boni Yayi n’était pas anodine.

Quoiqu’on puisse en penser, que ce soit une vraie-fausse arrestation qui a capoté ou une intimidation, ces évènements de Cadjéhoun sont le prolongement des législatives contestées et contestables du 28 avril dernier. Partis en duo à ces votes, les deux partis présidentiels, Bloc républicain et Union progressiste, se sont heurtés à un boycott actif des Béninois éboubés et coléreux contre une première au Bénin, depuis le défouloir de la conférence nationale en 1990 : des élections sans l’opposition.

Confronté à des législatives qui n’auront pas la légitimité requise, taux d’abstention oblige, le pouvoir est-il entrain de faire diversion ? Pourquoi d’ailleurs la CENA n’a pas encore dévoilé les résultats provisoires censés être délivrés le 30 avril dernier ?

Sans doute aussi, la conférence de presse unitaire de l’opposition tenue le 29 avril courant et à laquelle participait Boni Yayi et présidée par un autre ancien président, Nicephore Dieudonné Soglo, n’est-elle pas étrangère à cette ire et fébrilité du pouvoir Talon.

Certes, Boni Yayi en fait peut-être trop pour un ex-chef d’Etat, car l’incident du marché de Dantokpa semble être la énième foucade de sa part, mais les législatives unilatérales constituent une brèche ouverte pour charger le pouvoir et apparemment Boni Yayi ne s’en prive guère.

Mais au-delà même si Yayi et Talon semblent avoir fumé le calumet de la paix, subsistent les miasmes d’une rancœur recuite et quasi inextinguible (?) entre les deux hommes. On est mémoratif que Boni Yayi avait tout fait pour que le milliardaire du coton, Patrice Talon, qui fut son soutien ne parvienne aux portes du palais de la Marina.

Allant jusqu’à quasiment juré, pour cela mais hélas pour Boni, Talon avait gagné et les deux hommes entretiennent depuis des relations de méfiance, la présumée tentative d’empoisonnement du 1er par le second est un passé qui ne passe. Est-ce cette volonté d’en découdre hors des urnes qui s’est manifestée hier à Cadjéhoun ? Toujours est-il que ces législatives n’apporteront rien de bon au Bénin. A moins que ….

La REDACTION

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