Le renouvellement de l’AGOA renvoyé jusqu’en 2028 aux États-Unis pour 32 pays africains : c’est le MCA qui manque le plus.

Le renouvellement de l’AGOA renvoyé jusqu’en 2028 aux États-Unis pour 32 pays africains : c’est le MCA qui manque le plus.

 ​Dans ce désert commercial (trade) et surtout d’aide, prolonger l’AGOA — cette exemption de taxe sur les exportations de certains produits africains vers les États-Unis d’Amérique — et étendre l’échéance de ce tarif jusqu’en 2028, alors qu’elle arrivait à terme fin 2026, c’est toujours bon à prendre.

Le Sénat américain a décidé hier, 10 août 2026, par 90 voix pour et 6 contre, que le taux d’exportation actuel du continent vers l’Oncle Sam soit renouvelé, même si cette absence de taxe pourrait être encore « rattrapée » par d’autres tarifs propres aux États-Unis. ​De toute façon, cela profitera à 32 pays, surtout aux plus costauds tels que l’Afrique du Sud, le Nigéria, l’Égypte, l’Éthiopie ou le Kenya, et même aux plus modestes comme Madagascar et le Lesotho dans le domaine du textile et de la vanille, par exemple.

Il faut désormais attendre le feu vert de la Chambre américaine et surtout le quitus de Donald Trump — lequel, suppose-t-on, le signera, peut-être encore assorti de conditionnalités, à moins qu’il ne revienne sur son histoire de taxes douanières-massues brandies contre certains pays. ​

Soit, mais il existe un autre volet de ce partenariat Afrique–États-Unis qui gagnerait à être revisité : le cas des quelques pays qui bénéficiaient du MCA, lequel représentait une grosse bouffée d’oxygène financière. On sait que le MCA a été coupé en 2022 au Burkina Faso, par exemple, en vertu du principe selon lequel le compact est automatiquement suspendu dès lors qu’il y a un changement de pouvoir non constitutionnel.

Pourtant, on peut se prendre à croire que les États-Unis, qui cultivent de plus en plus une relation soutenue avec l’Afrique et le Sahel en particulier, retoquent ce sacro-saint principe — à condition, naturellement, que le 47ᵉ président américain le veuille. ​On sait que l’époque de « l’inutilité » et des qualificatifs méprisants sur ces pays, lâchés autrefois par Trump, commence à s’éloigner.

Il suffira donc, dans cet océan de durcissement des relations commerciales à l’échelle mondiale, que Donald Trump les adoucisse avec l’Afrique pour que tout aille, surtout qu’il veut contrer son seul véritable rival, la Chine, et subsidiairement d’autres concurrents tels que l’Union européenne ou la Turquie.

À condition, bien sûr, qu’il ne regarde pas de trop près le volume des échanges commerciaux, encore trop insigne avec la majorité des pays africains. Et il faudra aussi que l’Afrique cherche de nouveaux investissements et se tourne naturellement vers d’autres partenaires tels que la Chine, l’Union européenne et la Turquie.

Aujourdhui Au Faso

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