Législatives du 6 octobre en Tunisie Le nouveau paradigme politique se dessine davantage

Législatives du 6 octobre en Tunisie Le nouveau paradigme politique se dessine davantage

Le ras-le-bol des Tunisiens à l’égard des politiciens professionnels
manifesté dans les urnes le 15 septembre dernier lors du premier round
de la présidentielle, semble se confirmer donc aux législatives d’hier
6 octobre.

De nombreux Tunisiens se sont rendus à la pêche ou ont fait leur
farniente, en lieu et place de prendre la direction des bureaux de
vote, si fait que la grande vainqueur de ces députations demeurera
l’obtention, la plus faible des 3 législatives de l’après-Ben Ali. Les
estimations tablent sur moins de 50% loin des 60% aux dernières. La
faute à une classe politique, jugée aussi bien incompétente que
dépassée, par les révolutionnaires de 2011, surtout sa frange jeune,
lassée d’attendre les réalisations de promesses de dirigeants, qui
s’éloignent quotidiennement comme une ligne d’horizon.
On l’a constaté, le 15 septembre, les 2 admissibles au 2nd tour, ne
font pas partie stricto sensu, au monde politique traditionnel :
– Kaïs Saïed, constitutionnaliste iconoclaste qui a passé son temps
sur les plateaux de télé à pourfendre tout le système, n’est pas un
briscard de l’arène politique.
– Quant au porte-étendard de Qalb Tounès, Nabil Karoui, c’est
également ses prestations télévisuelles, avec son association Khalil
dédiée aux déshérités et aux laissez-pour-comptes, qui ont pesé dans
sa qualification du 2nd tour. Lui aussi n’est pas un vieux gladiateur
de la politique.
Ce choix du duo qui s’affrontera, si on peut parler ainsi, l’un étant
libre, l’autre en prison, ces deux qui s’affronteront dans une
semaine, l’ont fait hier aux législatives.
Car si on excepte les abstentionnistes, ce sont surtout des seniors,
qui ont glissé leurs bulletins dans l’urne plus quelques jeunes et
tous disent avoir voté pour l’un ou l’autre des 2 challengers de
l’ultime tour de la présidentielle.
Qui et qui des 15 000 postulants seront parmi les 217 élus du nouveau
parlement tunisiens ? Ennhada, qui était majoritaire dans le parlement
sortant pourra-t-il conserver cette suprématie des sièges ?
Tout semble inédit dans ces élections post-BCE : d’abord, la
post-position des législatives par rapport à la présidentielle, due au
décès du vieux locataire du palais de Carthage, ensuite,
l’emprisonnement d’un des qualifiés du second tour de la
présidentielle, Nabil Karoui, et enfin, la grande part d’intermination
des résultats de ces législatives.
Tout compte fait, ces choix que les Tunisiens sont en train d’opérer
indiquent clairement que la révolution de Jasmin n’a pas comblé leurs
attentes, et que c’est d’un nouveau paradigme politique, dont ils ont
besoin, qui passe forcément par une mobilité politique et de facto, le
passage à la trappe de ceux qui ont longtemps roulé leur bosse.
Nouveau contrat social avec de nouveaux dirigeants, voilà le principal
message, que dégagent ces législatives, qui font échos à celui du
premier tour de la présidentielle.
Reste à savoir qui incarnera ce nouveau visage de la politique voulue
par les Tunisiens : Kaïs ou Karoui ? Si c’est le second, que
d’obstacles à lever, et si c’était lui, le message n’en serait que
plus tonitruant. Le célèbre prisonnier est parvenu au deuxième tour et
son parti a grappillé la majorité au parlement. Les Tunisiens devront
en tirer les conséquences, y compris ceux qui le maintiennent en
prison.

La REDACTION

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