Levée des sanctions et plausible libération de «Soumi» et Pétronin au Mali : Dîner avec le diable, avec une courte cuillère sans perdre son âme !

Levée des sanctions et plausible libération de «Soumi» et Pétronin au Mali : Dîner avec le diable, avec une courte cuillère sans perdre son âme !

Que pouvait-il rester à la CEDEAO après les gages de bonne foi manifestée par la junte que lever les sanctions qui frappaient le Mali ? C’est chose faite depuis 6 octobre après la nomination du premier ministre, des 25 membres du gouvernement et de l’ébranlement de cette Transition un peu bancale, mais qui tient pour le moment la route, du moins au départ. Le Mali est de nouveau dans l’espace CEDEAO, les activités économiques ont repris avec les voisins, capitales pour un Mali qui n’a pas de façade maritime, les transactions bancaires étrangères sont possibles, la dette intérieure pourra être payée… Retour vers une vie normale.

Une bonne nouvelle ne venant jamais seule, voici qu’il est question de liberté pour le chef de file de l’opposition, et d’une otage française …

Plus on fait durer le suspense, l’incertitude de l’issue, plus on donne de la crédibilité aux négociations, à leur aprêté, et à l’importance de ce théâtre d’ombres.

Depuis 48 heures, il est question de la libération de Soumaïla Cissé disparu des radars le 25 mars en pleine campagne électorale, qui plus y ironie du sort, sur ses «terres» de Nianfukée, et celle de la Française Sophie Pétronin, enlevée en 2016.

Clauses langagères, emplois du conditionnel, de pronoms indéfinis, et suspendu aux bouches de l’Elysée et de Bamako, toutes les sources se gardent d’être affirmatives. Et pourtant, nombreux sont ceux qui savent que France 24 et RFI et  d’autres médias qui évoquent « un transfert et une libération en cours) boivent à la bonne source ! Il s’agit soit d’une fuite informationnelle organisée, soit d’infos à confirmer. Mais ça semble du béton!

Le détail qui trahit est cet échange de 100 djihadistes contre Cissé et Pétronin. On sent Bamako et l’Elysée à la manœuvre vu qu’il n’y a plus ni un Blaise Compaoré ni son conseiller Limam Chafi, ou autre Mohamed Akoetey !

On sent aussi que ces négociations, sont la suite de celles entamées sous le régime déchu. IBK avait mandaté en effet Diacounda Traoré de négocier avec les djihadistes, et des contacts avaient lieu avec des lieutenants d’Iyad Ag Ghali.

Ce dialogue avait-il fini en eau de boudin, ou est-ce l’épilogue de celles-ci ? Quel rôle a joué la junte dans ces libérations ? Qu’a fait la France, dont l’humanitaire Sophie Pétronin est restée en captivité pendant 4 ans ? Qui a fixé les prix de la «rançon», de cet échange-marchandise, puisqu’il n’a plus été question de millions d’Euros ?

Le fait que 2 membres de la CMA et 2 autres de la GATIA soient dans le gouvernement de la Transition a-t-il facilité cet échange, discutable, mais accepté par les parties ?

Quoiqu’il en soit, les Maliens avaient pris l’engagement de discuter avec les Ag Ghali, Koufa et autres mentor des katibas qui écument son septentrion et son centre. Sujet invoqué lors du dialogue inclusif, sujet souvent qui horrifie, qui cristallise les débats. IBK l’avait tenté, et aujourd’hui avec cette possible issue, il est clair que des mots ont été chuchotés à des oreilles, des propositions faites et un gentlemen agreement obtenu.

On peut bien dîner avec le diable, pas forcément avec une longue cuillère, et ne pas perdre son âme. Un des voisins du Mali, tel le Burkina s’y risquerait-il ? Pour le moment, ce n’est pas le cas.

La question est ce qu’on met sur la table, jusqu’où on peut aller, et se dire, car en la matière ce qui compte, c’est le présent, on verra pour l’avenir, les intérêts, les pactes tribaux, étant aussi ondoyants que le mouvement de la bosse d’un dromadaire.

Sam Chris

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