Libération d’otages au Burkina Faso : Quand Jupiter joue au ‘’Qui ose gagne’’ au Soum

Libération d’otages au Burkina Faso : Quand Jupiter joue au ‘’Qui ose gagne’’ au Soum

C’est une action digne de celles du 11e CHOC, l’unité d’élite du Service d’Action (SA) de la DGSE française qui a eu lieu en cette nuit du 9 au 10 mai, quelque part à 70 km de Djibo, en plein désert burkinabè.

Un peu oubliées les images du médiateur attitré de la CEDEAO, Blaise Compaoré, manœuvrant en coulisse avec des ravisseurs pour libérer des otages.

Terminé le rôle des intermédiaires, des émissaires et autres canaux de libération d’otages ? Finis le tempo qu’imposaient les preneurs d’otages ? Envolés les millions d’Euros, payés rubis sur l’ongle, mais toujours démentis pour faire recouvrer la liberté à des Européens ?

Plus d’images de négociateur, émergeant d’un hélicoptère, suivis d’otages, fatigués, la barbe hirsute qu’on venait de tirer des griffes de terroristes ? Peut-être pas, mais pour le cas des otages du parc du Pendjari c’est la force qui a prévalu.

Le ‘’PDLAC’’ «Le processus de libération» dans le jargon spécialisé a débuté par une alerte, puis par une filature autour du 2 mai en bonne et due forme qui a abouti dans la nuit du 9 au 10 mai par l’action d’une vingtaine d’hommes de la France avec sa Task force Sabre, épaulés par une quinzaine de soldats burkinabè et par le renseignement américain, cette opération, s’est soldée in fine par l’attaque à la canonnière de 6 huttes où étaient retenus 4 et non les 2 Français, par la libération des 4 (2 Français, une Sud-Coréenne et une Américaine), la mort de 2 soldats mariniers, Cédric de Pierrepont et Alain Bertoncello. Là dans ce Sahel burkinabè, la devise du Service d’Action «Qui ose gagne» était accomplie par Jupiter qui a écouté sa ministre des Armées Florence Parly et son Chef d’état-major général des armées, le général Lecointre.

A 70 km de Djibo, en plein sahel burkinabè au froid mordant et au firmament étoilé, la France avec cette opération tripartite a décidé de frapper dans le nid de primo-ravisseurs, de peur que l’éventuel transfèrement des otages dans un autre lieu ne complique la situation.

De la frontière Burkina-Bénin, les otages avaient donc rejoint le Nord du Burkina, preuve de l’existence d’une filière, de route et d’un business du rapt toujours opérationnel.

Bravo à la France, à Barkhane et aux alliés béninois, burkinabè et américains. Et certains se posent la question de savoir pourquoi la France a agi si rapidement ? Il y a d’abord que le décorum a changé : à l’évidence, les médiateurs avisés ne courent plus les rues et depuis d’ailleurs la chute d’ATT, puis de Blaise Compaoré, les affaires de libération d’otages sont très corsées, la preuve par celle de Mme Pétronin, du docteur Elliot… pour ne citer que ces deux et puis dans le cas d’espèce, comme l’a laissé entendre le général Trinquant, ex-chef de mission à l’ONU, «seule la France avait la capacité avec ses drones Rippers, ses hélicoptères de réaliser une telle opération… le G5-Sahel ne pouvant pas encore, ni la MINUSMA».

Si seulement en vertu de cet Accord de défense Burkina-France, on pouvait desserrer l’étau au Sahel par plusieurs opérations, ce serait déjà ça de gagner, le reste étant l’affaire des pays attaqués. La cessation des armes est l’affaire de Barkhane… mais la paix est celle des pays concernés, dira encore en substance le général Trinquant.

La mort n’est pas un dysfonctionnement de la guerre, mais fait bien partie de celle-ci, mais elle en devient un, voire une absurdité dans cette bataille asymétrique, et la perte des 2 soldats, portant à 15 militaires, le prix du sang payé, le fameux dya dans le langage terroriste payé par Barkhane dans ces dunes sahéliennes, est très lourd.

Au-delà du sauvetage de ces otages et dans l’attente avec impatience de la plénitude de la force G5-Sahel, on ne peut espérer que de semblables équipées viendront épauler les FDS burkinabè, surtout après 2 semaines infernales car coup sur coup dans cet intervalle de temps, entre le 28 avril et le 12 mai 2019, des églises ont été attaquées et des hommes de Dieu notamment un pasteur et 5 de ses disciples ont été tués à Silgadji et hier 12 mai à Dablo, c’est un prêtre et 5 de ses ouailles qui ont été assassinés et au moment où se déroule une vaste opération de dératisation terroriste dans le Sahel dénommée «Ndofou» (déracinement en langue poular). C’est une guerre qu’on sait longue, harassante et qui ne se gagnera que par cercles concentriques avec le concours de tous les pays sahéliens concernés. Et en mutualisant tous les efforts.

Sam Chris

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR