Licenciement de 100 enseignants grévistes du SET au Togo : Comme en 1984 au Burkina, c’est mauvais pour le pays !

Licenciement de 100 enseignants grévistes du SET au Togo : Comme en 1984 au Burkina, c’est mauvais pour le pays !

Déjà qu’au Togo, pour accéder à la Fonction publique, c’est un parcours du combattant d’où ces maîtrisards, et diplômés qui se sont rabattus sur le métier de taxi-motos, les célèbres Zemidjan, alors y accéder, et se faire licencier, c’est vraiment le crève-cœur parfait.

 Un grand malheur donc pour les 112 enseignants du Syndicat des enseignants du Togo (SET), qui viennent d’être frappés par 4 décrets pris par le ministre de la Fonction publique, qui les congédie pour «manquements graves aux textes régissant la profession» et «actes d’incitation à la violence, à la désobéissance et à la révolte». Une image presque renversée avec le Bénin voisin qui, le même jour a vu son président Patrice Talon réunir les confédérations syndicales pour parler salaires, et SMIG ! Dialogue au Bénin, bâton au Togo !

A l’origine, le SET, «illégal» pour le pouvoir togolais avait fait déserter les classes par ses militants pour réclamer de meilleures conditions de travail, mouvement suivi par des élèves qui ont battu le macadam pour réclamer le retour de leurs enseignants.

C’en était trop pour le pouvoir, très méfiant à l’égard de tout ce qui est relatif aux grèves et marches. Le Front politique s’est peut-être calmé à Lomé et dans les autres villes, mais ce débrayage du SET, qui est considéré comme une bravade est apparentée à un acte séditieux, de révolte pour un régime qui supporte mal les contestations de rue. A juste raison souvent car téléguidées contre le régime.

100 enseignants licenciés au Togo, cela rappelle vaguement, c’est lointain, mais le millier d’enseignants congédiés en 1984 sous la Révolution sankariste, et qui avaient causé un  grand dommage pour le Burkina Faso.

Qu’on dise que c’était la LIPAD qui en avait été l’instigateur, ce qu’avait contesté le défunt Emmanuel Dadjouari, le ministre du département de l’époque, et grand militant de cette LIPAD que ne reconnaît franchement pas Philippe Ouédraogo du PDS, ou encore que cette décision, a été prise à un Conseil des ministres, présidé par Blaise, Sankara était absent, en tout cas, le désastre dans les foyers (suicides, divorces, misère) fut total pour des enseignants et aussi pour le système éducatif.

100 enseignants licenciés ramenés à l’échelle du Togo, c’est aussi énorme, et c’est plus facile de les renvoyer que les remplacer par d’autres, au pied levé qui auront la pédagogie, en pleine année scolaire. Quand le milieu scolaire bouge ou des enseignants, désertent les classes, bref quand le social est en ébullition, ce n’est jamais bon signe pour un pays, quelles qu’en soient les raisons. Et à écouter le secrétaire général du SET Kokou Mawouegna, ces licenciements ce sont des «plumes nécessaires à perdre» dans toute lutte. Autant dire que le SET n’entend pas reculer.

Gilbert Bawara, ministre de la Fonction publique et du Travail, fidèle du président Faure Gnassingbé, et souvent médiateur dans des crises au Togo, devra user de tout son tact pour désamorcer cette bombe à retardement, car c’en est une.

La REDACTION

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