L’OIT a 100 ans : Toujours en quête de justice sociale

L’OIT a 100 ans : Toujours en quête de justice sociale

La cérémonie d’ouverture officielle de la célébration du centenaire de l’Organisation internationale du travail (OIT), couplée avec le 70e anniversaire de l’Inspection du travail a eu lieu le mercredi 15 mai 2019, à l’immeuble Baoghin. Le thème retenu au niveau national pour cette célébration est «centenaire de l’OIT : bilan et perspectives pour un travail descend au Burkina Faso».

Le Burkina Faso, à l’instar des autres pays du monde, célèbre le centenaire de l’Organisation internationale du travail (OIT) sur le thème «la problématique de l’avenir du travail». Fondée le 11 mai 2019 sous l’égide du Traité de Versailles (fin de la première guerre mondiale),la plus ancienne institution spécialisée du système des Nations unies, a pour mission de rassembler les travailleurs et les gouvernants et les employeurs dans le cadre d’une institution tripartite, en vue d’une action commune pour promouvoir les droits au travail, d’encourager la création d’emplois décents, développer la protection sociale et renforcer le dialogue social dans le domaine du travail. Ce centenaire, sera l’occasion pour les pays membres à travers cette commémoration de mettre en lumière ses réalisations et le rôle qu’elle joue dans la vie de tous.

C’est aussi une occasion pour les acteurs de s’interroger sur son avenir. Au Burkina Faso, cette célébration est couplée avec le 70e anniversaire de l’Inspection du travail. Pour marquer l’événement, le ministère de la Fonction publique, du travail et de la protection sociale organise une série d’activités qui se dérouleront pendant 72 heures.  Placée sous la présidence du premier ministre, Christophe Joseph Marie Dabiré, la cérémonie officielle d’ouverture du centenaire de l’OIT, a eu lieu le mercredi 15 mai 2019, à l’immeuble Baoghin.

Au niveau national, le thème retenu pour cette célébration est : «Centenaire de l’OIT : Bilan et perspectives pour un travail descend au Burkina Faso». Le choix de ce thème à en croire le président du comité d’organisation, Souleymane Lengané, s’explique par la nécessité pour le Burkina de marquer un arrêt afin de faire une rétrospective de sa coopération technique avec l’OIT et tracer de nouveaux sillons en faveur d’une coopération plus bénéfique pour les populations, notamment le monde du travail.

Le représentant du président du patronat, Harouna Togoyéni, a quant à lui, salué l’exemplarité de cette coopération technique et exprime toute sa gratitude à l’OIT pour les appuis multiformes dont les partenaires sociaux ont bénéficié durant ces cent ans. Cependant, des défis restent à relever face à la complexité des modes de production de biens et de services tournée plus vers le virtuel qui nécessite une autre approche. C’est pourquoi, il suggère que les réflexions soient approfondies au cours de la célébration de ce centenaire, pour donner aux acteurs traditionnels du monde du travail des rudiments afin de réussir cette transition. 

Le ministre en charge de la Fonction publique, Pr Séni Ouédraogo, a représenté le chef du gouvernement à cette cérémonie. A l’écouter, le Burkina Faso peut se réjouir parce qu’il est l’un des acteurs majeurs de l’OIT. «Notre participation est salué au niveau de l’Union africaine où tout récemment, la présidence du comité technique spécialisé sur le travail et l’emploi a été confié au Burkina Faso. C’est dire qu’il y a des efforts qui sont faits et reconnus mais il y a d’autres progrès encore à réunir», a-t-il dit.

Le Burkina Faso est actuellement dans un contexte doublement marqué par des revendications pressentes des travailleurs pour une meilleure justice sociale. Cette préoccupation majeure est côtoyée par des défis sécuritaires. Le ministre pense qu’il appartient à tous dans le cadre du tripartisme de trouver des solutions afin de garantir aussi bien la justice sociale entre les travailleurs que la paix et la sécurité.

C’est pourquoi, l’OIT a retenu comme thématique, la problématique de l’avenir du travail. Le ministre Séni Ouédraogo estime que cette problématique est importante, parce que la question du devenir du travail se joue sur plusieurs tableaux et est aujourd’hui conditionné par l’environnement mondial et surtout les innovations technologiques. A Cela, s’ajoute les changements climatiques dont sont victimes les pays pauvres. De plus, l’autonomisation des emplois aura aussi un impact sur le nombre des emplois. De même que les phénomènes liés à la délocalisation, les conflits économiques et commerciaux que les grands Etats se livrent. Toute chose qui qui aura aussi un impact sur le travail de demain.

«Les pays les plus fragiles comme les nôtres devront commencer par rechercher les solutions pour anticiper les difficultés qui seront liées à la disparition de nos entreprises les plus faibles parce qu’avec l’automatisation, des emplois vont disparaître», a déclaré le ministre.Toujours selon le ministre, il faudra réfléchir à saisir l’opportunité liée à la nouvelle consommation notamment en surfant sur les opportunités qu’offrent le soleil, le vent pour créer de nouveaux emplois.

C’est donc à ces nombreux défis que les pays africains sont confrontés. Il appartient donc à ces pays d’en prendre conscience et de chercher les solutions pour leur survie. «Je pense que le tripartisme de l’OIT dans la mesure où il permet aux différents acteurs de pouvoir se réunir est un bon viatique qui doit nous permettre d’envisager plus sereinement l’avenir», a renchéri le Pr Séni Ouédraogo.

Pélagie OUEDRAOGO

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