Lutte contre le terrorisme : Les armées du sahel au ban de l’ONG Acled

Lutte contre le terrorisme : Les armées du sahel au ban de l’ONG Acled

  

Les armées du sahel qui guerroient contre les terroristes seraient plus meurtrières que ces tueurs sans foi ni loi. C’est ce que pointe en tout cas l’ONG Acled, qui vient ajouter sa tonalité à celle de Human Watch Right ou Amnesty International, toutes dénonçant  épisodiquement les travers d’armées du sahel, impréparées à cette guerre oblique, ayant subi  les premiers moments de lourdes pertes, lesquelles armées seraient constamment dans des exécutions extrajudiciaires et autres libertés avec les droits de l’homme. Si selon Acled, depuis 4 ans le nombre de victimes civiles a été multiplié par 7, certains tueurs  ne sont pas du côté qu’on pense : Entre 2017 et 2020, il y a eu 2443 morts,  et au Mali 35% le sont par l’armée, et 24% par les terroristes. Le Mali, le Burkina et le Niger sont mis au ban des accusés par Acled.  Evidemment, ce discours n’est pas nouveau, et effectivement il y a fréquemment des polémiques autour de la lutte contre les terroristes avec des allégations de bavures militaires. Logorrhée inaudible souvent aux vu de villages-fantômes, vidés de leurs habitants par des assaillants, qui ne font pas de quartier, lorsqu’ils arrivent montés sur leurs engins à 2 roues. Allez tenir ce discours aux survivants de Kodyèl au Burkina Faso ou de Tillabéry au Niger ! La lutte contre le terrorisme ne peut être une guerre propre comme toute guerre, il y aura des victimes collatérales. Mais, ce n’est pas une excuse absolutoire, et les armées du sahel doivent tenir compte dans leur combat, car l’apparence est trompeuse et la stigmatisation est le bourgeon de ces bavures meurtrières. C’est pourquoi, la lutte contre le terrorisme doit se poursuivre, mais en faisant la part des choses entre enturbannés, patronymes et comportements, les forces de défense et de sécurité, doivent autant que faire se peut opérer le distinguo.  (Lire in extenso le résumé du Rapport Acled ci-dessous)

La coalition citoyenne pour le Sahel, avec l’aide de l’ONG Acled, vient de rendre public un rapport sur la situation au Sahel. Parmi les chiffres à retenir, celui surprenant du nombre de victimes que l’on peut attribuer aux différents acteurs en guerre. Étonnamment, les djihadistes ne sont pas les plus meurtriers.

La coalition citoyenne pour le Sahel regroupe aujourd’hui 48 organisations de la région et milite pour un plus grand respect des populations touchées par la guerre. Elle entend ainsi placer la protection des civils au cœur de la réponse à la crise dans cette région, mais aussi mettre en place des stratégies politiques pour résoudre la crise de gouvernance dans la région, répondre aux urgences humanitaires ou encore lutter contre l’impunité. Dans son dernier rapport, elle dresse notamment le bilan des victimes depuis quatre ans au Sahel, réalisé avec l’ONG Acled, qui comptabilise le nombre de civils tués dans le monde. Il en ressort des chiffres surprenants qui peuvent éclairer l’attitude de certaines populations.

Le nombre de victimes civiles multiplié par sept

En quatre ans, le nombre de victimes civiles au Sahel a été multiplié par sept et ce sont les populations civiles qui sont les premières victimes de l’insécurité au Burkina Faso, au Mali et au Niger, d’après le rapport. Entre 2017 et 2020, les attaques contre les civils ont quintuplé, passant de 205 morts en 2017 à 1 096 en 2020. Au total sur la période on décompte un total de 2 443 morts.

Mais l’une des données la plus étonnante est celle qui attribue à chaque partie en conflit le nombre de victimes. C’est ainsi qu’au Mali, par exemple, en 2020, on a compté davantage de civils tués par des militaires censés les protéger (35 %) que par des groupes dits djihadistes (24 %), comme le confirme Niagalé Bagayoko, de la coalition citoyenne :

« On s’aperçoit que, dans les trois pays du Sahel central, davantage de civils ont été tués par des soldats censés les protéger et par des groupes d’auto-défense que par des groupes armées non étatiques. Et malheureusement, depuis le début de l’année 2021, la situation a empiré ».

« Il y a eu le meurtre de 200 civils par des groupes armés au Niger, le rapport de l’ONU concluant à la mort de 19 civils à la suite d’une frappe française en janvier au Mali, mais on peut encore ajouter les viols d’une petite fille de onze ans et de deux femmes enceintes en présence de leurs maris par des soldats tchadiens », cite-t-elle en exemple. “Cela montre encore une fois combien les civils restent des cibles dans cette région.”

Alors certes, il faut être prudent dans la manipulation de ces chiffres car il faut savoir que la répartition des acteurs responsables des morts dans la région se divise en quatre. Il y a les terroristes, les soldats des différents pays, les groupes armées ou milices, et enfin le groupe de morts que l’on ne peut attribuer à personne par manque d’informations.

Ce sont les terroristes qui ont déclenché la guerre au Sahel

Cela dit, ces données peuvent expliquer en partie la défiance des populations envers les armées régulières ou encore par rapport à la présence française dans la région. Mais attention, prévient l’envoyé spécial de la France au Sahel, Frédéric Bontemps. Il faut manier toutes ces données avec précaution et ne pas mettre tout le monde sur un même pied d’égalité, estime-t-il : « Il ne faudrait pas laisser penser que l’origine de la difficulté provient des forces de sécurité sahélienne. L’origine, ce sont quand même des groupes armés terroristes, qui aujourd’hui attisent les tensions intercommunautaires, empêchent les populations de cultiver les champs ou encore attaquent les écoles ».

La coalition citoyenne aimerait également que, pour juger de l’efficacité des militaires au Sahel, on ne se contente pas de compter les terroristes tués mais qu’on fasse entrer d’autres critères en compte, comme celui de la qualité de vie des populations ou encore celui du nombre d’écoles reconstruites. Enfin, la coalition citoyenne pour le Sahel rappelle son attachement à une impunité zéro pour les auteurs de crimes quels qu’ils soient. Cela veut dire, les terroristes bien entendu, mais aussi les soldats lorsque ceux-ci commettent des actes criminels.

La Rédaction 

 

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