Macron absent aux 25 ans du génocide rwandais : Réchauffement Paris-Kigali, pas encore «cuit» à point

Macron absent aux 25 ans du génocide rwandais : Réchauffement Paris-Kigali, pas encore «cuit» à point

Non, ce n’est pas encore suffisant. Une visite en France après 7 ans de bouderie n’a pas suffi. Le soutien à la candidature de Louise Mushikiwabo à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) non plus. Les autres opérations de charme qui ne veulent pas dire leur nom n’ont pas suffisamment agi sous la chaudière. De sorte que le président français Emmanuel Macron a jugé plus prudent de ne pas pointer le bout du nez à la 25e commémoration du génocide rwandais prévue pour le 7 avril 2019.

Du reste, à l’absence d’une invitation officielle expressément   enjouée, mieux vaut ne pas prendre de risque de mettre les pieds sur la plateforme de l’échafaudage qui est en train d’être laborieusement construit pour renouer les relations rompues entre le Rwanda et la France.

On comprend le chef de l’Etat français. Il est évident que ce n’est pas le moment d’ajouter un critère de dépréciation de plus dans l’ardoise de sa cote de popularité qui s’est considérablement noircie d’écritures négatives. La bourrasque des «Gilets jaunes» lui fait de sales quarts d’heure et demain samedi s’annonce pour le moins tendu, puisque les membres de la composante Sentinelle, cette force chargée de lutter contre principalement le terrorisme, sera déployée. C’est la preuve que la situation a atteint un point critique et qu’il n’est pas besoin au stade actuel d’ajouter d’autres éléments de difficulté et de migraine.

Le choix sage de se faire représenter par un député, Hervé Berville, à cette importante cérémonie pourrait être plutôt en sa faveur, ou à défaut, ne pas créer de remous inutiles outre-mesure. Celui qui revêtira le costume de représentant d’Emmanuel Macron au rappel à la mémoire collective de l’un des égarements les plus cruels de l’humanité, est orphelin tutsi. Il est né à Kigali ne sera pas un dépaysé, ou comme l’aurait peut-être craint le président français, un «intrus» qui pourrait faire mal à la coopération à vif entre les deux Etats.

En attendant donc que les choses s’améliorent, que la France assume sa part dans le massacre des Rwandais, Paul Kagamé apparaît plus que jamais comme l’un des rares Chefs d’Etat africains qui peut forcer un président français à se comporter comme s’il marchait sur un champ d’œufs. On pourra l’accuser de tous les torts. Mais c’est bien une «exception» qu’il faudra aussi accepter souligner.

Ahmed BAMBARA

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