Macron au Cameroun-Bénin et Guinée-Bissau : Requiem pour le discours  de Ouaga !

Macron au Cameroun-Bénin et Guinée-Bissau : Requiem pour le discours  de Ouaga !

Mais qu’est-ce qui fait courir Emmanuel Macron en Afrique à ce début de son second mandat ? Cameroun-Bénin-Guinée-Bissau, sont en effet les étapes du locataire élyséen du 25 au 28 juillet 2022.

Si les 2 premiers pays font partie de l’ex-glacis français, l’ancienne colonie lusophone a d’autres raisons qui attirent Macron.

– Cameroun d’abord : Comment expliquer cette présence de Jupiter qui a flétri lors de son 1er mandat, tous les timoniers africains qui s’accrochent au pouvoir, alors qu’il se rend chez Biya Puissance 7, un nonagénaire qui dirige le pays depuis 1982, et qui après 7 mandats, reçoit depuis encore quelques jours les supplications et objurgations de ses ouailles du RDPC, de remettre le couvert pour une 8e levée pour ne pas quitter le palais d’Etoudi ? C’est une sorte de retour du lamantin aux sources, ici, l’ex-précarré français, abandonné au 1er mandat, au profit de pays anglo-saxons ou autres tels que l’Angola, l’Afrique du Sud, … Mais il y a eu surtout l’amère constat que la France perd pied sur le continent, tel en Afrique centrale : en RCA, le départ de Sangaris en 2016 a signé définitivement le retrait de l’ex-Oubangui-Chari du giron français, vide qu’occupent à présent Russes et Rwandais.

– Avec la RD Congo, les rapports sont cordiaux, mais le géant francophone de l’Afrique centrale, suscite tellement la fringale de biens de puissances, que la France, n’est pas seule, il y a même la Belgique, l’ex-Métropole colonisatrice, qui revient avec la visite du Roi des Belges en RDC.

Le Tchad, avec sa transition et depuis le décès de Déby-père reste francophone et francophile mais cela ne suffit pas. Le Gabon a tourné casaque et est dans le Commonwealth, le Rwanda pareil ! Le Congo-Brazzaville demeure arrimé à la France, mais le curseur bouge également car à la veille de cette visite macroniste au Cameroun, le tout-puissant ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, atterrissait au bord du fleuve Alima, à Oyo, à 400 km de Brazza, fief du président Denis Sassou N’Guesso, en provenance du Caire.

Les relations entre les 2 pays datant de plusieurs décennies. Et DSN ayant choisi de ne pas choisir dans le conflit Russie- Ukraine, lors du vote à l’ONU. Posture qu’apprécie bien Poutine.

Au Cameroun, Biya et Macron parleront coopération militaire plus accentuée, car le terrorisme de Boko Haram y est prégnant, et ici aussi les Russes sont en embuscade.

A Yaoundé, Macron vient  surtout à Canossa, et préfigure, une inflexion de sa vision sur les satrapes et autres tyranneaux africains. Il parlera avec Biya de droits de l’homme, des prisonniers politiques notamment  ceux du MRC de Maurice Kamto de la situation des sécessionnistes du Nord, de l’après-Biya… mais évitera de fâcher l’enfant terrible de M’vomeka.

Au Bénin, c’est pour réchauffer des relations cordiales,  mais  avec le terrorisme qui menace pourraient s’etendre à d’autres problèmes. Et  il sera sans doute question de lutte anti-terroriste. Peut-être aussi que l’idée d’une Loi-cadre pour restituer dans sa globalité toutes les œuvres d’art au Bénin fera son chemin, au lieu que ce soit au cas par cas. L’ex-quartier latin méritait bien le détour.

Enfin, quant à la Guinée-Bissau, la présidence de la CEDEAO assurée par le président Umaro Embalo Sissoco, pourrait être la raison de l’inscription de ce pays dans l’agenda présidentiel, alors que la Zambie pressentie pour en faire partie a été biffée. Désormais, passer par la CEDEAO pour faire distiller des messages, est plus facile, et moins exposant pour la France.

Que peut-on dire sur le voyage de Jupiter dans ces 3 pays, en attendant d’en savoir plus? Macron s’est rendu compte que son discours du 28 novembre 2017 à Ouaga devant des étudiants burkinabè est mort ! Il existe toujours une politique africaine de la France en Afrique, et sa sortie de Ouaga, il y a presque 5 ans ne tient plus la route. L’a-t-il jamais été du reste !

Ensuite, le président français 

 que mieux vaut s’accommoder avec des timoniers, pas trop démocrates, mais qui tiennent bien le gouvernail, assurent la stabilité, que des démocrates élus qui ne gouvernent pas et dont les pays chancellent sous des crises multiformes ! La prime à des pays sûrs et sécurisés, même non-démocrates, pourrait être le nouveau mantra de cette politique, la clé de cette tournée. Pour les intérêts de la France, mieux vaut ressusciter Foccart !

La rédaction

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