Mali-Burkina, après l’embellie de la 61e session de la CEDEAO : 34 tués à Namissiguima et Bourasso au Burkina, eau au moulin des scrutins-sceptiques ?

Mali-Burkina, après l’embellie de la 61e session de la CEDEAO : 34 tués à Namissiguima et Bourasso au Burkina, eau au moulin des scrutins-sceptiques ?

A peine les décisions de la CEDEAO issues du 61e sommet tombées hier, levant les sanctions au Mali (transfert d’argent, exportation de bétail…) et donnant quitus à ce pays et au Burkina de tenir les élections dans 24 mois, que des voix se sont fait entendre de part et d’autres de ces pays, pour dire qu’elles sont contre la tenue de ces échéances à ces dates, car les pays ne seront pas sécurisés ou du moins, ces scrutins ne pourront pas s’y dérouler et «qu’ils ne sont pas une priorité», dixit Hermann Yaméogo, vieux briscard du marigot politique burkinabè et président de l’UNDD.

Et au Burkina, comme pour confirmer ce doute loin d’être hyperbolique, au moins 32 civils étaient tués le week-end à Namissiguima et Bourasso  concomitamment à la réunion d’Accra. Cette énième tuerie est de l’eau au moulin de ceux qui sont agrippés mordicus à une pacification totale du pays avant la tenue de ces votes.

Ainsi en va-t-il de Me Hermann Yaméogo, qui a rué hier dans les brancards, estimant que convoquer les Burkinabè aux urnes doit être la dernière chose, à laquelle on doit penser au Faso, tant l’urgence reste et demeure sécuritaire.

Si comme l’a dit le médiateur attitré de la CEDEAO au Burkina, Mahamadou Issoufou que «40% du territoire burkinabè est hors contrôle de l’Etat», ça signifie qu’il y a potentiellement les électeurs de ces 40% du territoire qui ne pourront pas aller voter. Et quand bien même d’ici les 24 mois, les FDS parvenaient à circonscrire ce terrorisme, il restera des zones rouges. Que faire alors ?

Le Mali a fait des élections en 2018, avec un pays insécurisé, mais en ignorant des pans de son territoire. Election au rabais, mais élection validée tout de même. En 2020, il y a eu aussi des élections au Burkina, qui de l’aveu des autorités de l’époque, ont pu être faites grâce à une négociation avec les terroristes assortie du paiement d’une forte somme à ces croquants sanguinaires de l’ombre.

Va-t-on appliquer la même stratégie dans ces 2 pays Mali et Burkina pour espérer atteindre ce point d’achèvement de ces transitions qui est le passage du pouvoir aux civils par les urnes ? Si oui, avec l’accompagnement de la CEDEAO ? De l’UE et de l’UA ? Quel appui concret la CEDEAO apportera-t-elle au Burkina et au Mali pour relever ces défis électoraux dans 2 ans ? A l’interne, va-t-on garder les mêmes équipes gouvernementales jusqu’à ces élections ? Législatives, municipales et référendum avant présidentielle ou vice-versa ?

A y regarder de près, le Mali et le Burkina ont franchi une difficulté majeure, mais il en reste une autre : organiser des élections à bonne date dans un environnement occupé par des ennemis qui tuent et provoquent des exodes internes massifs. Bizarrement, les partis politiques, malgré  le fait qu’ils évoquent l’insécurité prégnante sont quasiment en précampagne, chacun fourbissant ses armes. Comme quoi, terrorisme ou pas, les politiques sont accros à leur drogue… dure.

La REDACTION

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