Après la démission de Boubeye Maïga au Mali : Qui sera le consensuel oiseau rare ?

Après la démission de Boubeye Maïga au Mali : Qui sera le consensuel oiseau rare ?

Soumeylou Boubeye Maïga n’a pas résisté à la pression. Ou plutôt, Ibrahim Boubacar Kéïta (IBK) a dû sacrifier son Premier ministre. Il fallait user du fusible pour désamorcer la trop haute vague de désapprobation qui montait vers le palais présidentiel de Koulouba. Derrière la volée de flèches vénéneuses qui criblaient le dos de Boubeye Maïga se cachait en réalité un gros courroux dirigé vers le Chef de l’Etat.

L’opposition politique, elle, son antipathie est normale. Bon an, mal an, elle trouvera immanquablement quelque chose à reprocher au Président de la république ou à l’un de ses bras exécutants. Un boulevard de récriminations s’est ouvert et elle n’a donc pas hésité à s’y engouffrer, corps et âme et à ferrailler dru et fort pour se faire entendre et faire prospérer ses desideratas.

Ce qui est toutefois inattendu et rend particulier le cas malien, c’est bien les grognements grognons de la majorité. Le RPM n’a pas été tendre avec son président. Le parti a tapé du pied pour que son champion se défasse de son Premier ministre. Voyant que ce dernier traînait les pas,  marquait des pas d’incertitude, il a fini utiliser les grands moyens : le spectre d’une motion de censure. Pour éviter de marquer l’histoire de cette manière, le président malien a préféré sacrifié Boubeye Maïga, celui par qui sa réélection a été en partie possible.

Mais celui que le parti majoritaire soupçonne de vouloir boxer pour sa propre chapelle, de travailler ardemment et sous ses boubous de soutien au président IBK, à tracer les lignes de son propre agenda. Lequel ? Rien n’est clairement établi. Quoi qu’il en soit, il est clair que IBK est à son dernier mandat présidentiel. Le RPM doit donc dès à présent trouver un successeur et surtout travailler pour que les éventuels et immanquables appétits pour le palais de Koulouba reprennent du poil de la bête. Et l’idée qu’un potentiel futur adversaire s’agrippe à l’appareil d’Etat pour se faire une santé en vue de la cour présidentielle lui est insupportable. Certainement que le parti au pouvoir attend que le nouveau Premier ministre vienne déboulonner et déraciner tous les proches que Boubeye Maïga a nommés  à des postes hautement stratégiques.

Il reste maintenant à savoir qui sera cet oiseau rare qui fera à la fois le bonheur du RPM et d’IBK. Mais pas seulement. Il doit aussi être consensuel car l’opposition et, dans une certaine mesure, la communauté religieuse au silence si tonitruant, doivent trouver leur compte dans les traits du nouvel élu. D’où ces concertations à tour de bras entamées par le président malien. La fumée blanche est impatiemment attendue au sommet du palais de Koulouba.

Ahmed BAMBARA

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