Me Mireille Barry : «Le capitaine Dao n’a rien fait de pire que les autres»

Me Mireille Barry : «Le capitaine Dao n’a rien fait de pire que les autres»

Me Mireille Barry, un des avocats du capitaine Abdoulaye Dao a poursuivi la plaidoirie pour le compte de son client, le mardi 13 août 2019, dans le procès du putsch manqué du 16 septembre 2015. A sa suite, c’est le conseil de  Fayçal Nanéma, Me Aouba Zaliatou qui a plaidé pour son client. Les deux avocates ont plaidé pour un acquittement des deux prévenus.

Le capitaine Abdoulaye Dao est poursuivi pour quatre chefs d’accusation à savoir, complicité d’attentat à la sûreté de l’Etat, complicité de meurtre, coups et blessures  et incitation à commettre des actes contraires à la discipline et au règlement de l’armée. Après avoir rappelé les chefs d’accusation, son conseil, Me Mireille Barry, affirme qu’il n’est complice de rien et rappelle qu’au moment des faits, il était à Bobo Dioulasso. D’après elle, l’officier militaire n’était pas au courant de ce qui se passait et soutient ses propos par le procès-verbal de Safiatou Lopez. Selon l’avocate, le capitaine Abdoulaye Dao était présent par loyauté à l’armée en jouant son rôle de militaire. A l’en croire, il n’a passé aucun coup de fil pour donner une instruction, aucun appel en lien avec l’évènement et n’a participé à aucune rencontre ni avec le général, ni avec ceux qui ont arrêté les autorités de la Transition.

Pour ce qui est de l’incitation à commettre des actes contraires à la discipline et au règlement, Me Mireille Barry confie quà aucun moment, son client n’a donné d’instruction, ni d’ordre et participé à un quelconque acte que ce soit. «Il n’a rien fait de pire que les autres», a-t-elle soutenu. Elle va le démontrer en présentant un tableau des actes posés par les chefs de groupement durant les évènements. Elle a démontré l’innocence de son client à travers un tableau et lequel ne concerne uniquement que les autres chefs de groupement de mêmes grades que celui-ci. Au regard de ce qui précède, elle déclare : «il y a un véritable montage qui est orchestré contre le capitaine Dao». «Les gens peuvent penser que j’exagère», a déclaré la femme de droit qui indique que ce n’est pas le cas. Pour preuve, elle pose la question de savoir pourquoi le parquet a requis 5 ans de prison fermes plus une amende d’un million de francs CFA contre son client, alors qu’il a requis 15 mois de prison avec sursis contre d’autres qui ont plus de charges que lui. «Il n’a rien fait de pire que les autres», a-t-elle soutenu. Elle dit avoir l’impression que le capitaine doit payer pour le reste du RSP. S’adressant au tribunal, Me Mireille Barry l’a invité à ne pas se laisser berner et rester coller au dossier en tenant compte des faits. «Les éléments du RSP ne sont aucunement des machines à tuer comme on veut le faire croire», a indiqué l’avocate qui renchérit : «ils ne sont aucunement des monstres». Elle a de ce fait, invité les membres du tribunal à ne pas perdre de vue au moment de la délibération, la loyauté dont doivent faire preuve les éléments à leurs supérieurs dans l’armée. Elle les rappelle que le capitaine Dao n’a fait qu’exécuter les ordres reçus de son supérieur. Soutenant qu’il n’y a aucun élément dans le dossier qui incrimine l’officier, l’avocate estime qu’en l’absence de preuve et qu’en cas de doute, le tribunal doit donner une réponse négative à la réquisition du parquet.

Le conseil de Fayçal Nanéma plaide pour l’acquittement

de son client

Me Aouba Zaliatou, conseil de Fayçal Nanéma a plaidé pour son acquittement. Après avoir rappelé les faits pour lesquels ce dernier est poursuivi, elle estime que ni dans l’un, ni dans l’autre, il ne mérite la condamnation. Rappelant qu’il est accusé d’avoir conduit un groupe de militaires au domicile de Salifou Diallo qui a été saccagé par ces derniers, la femme de droit rejette cette accusation. Elle indique que son client qui a appris que des manifestants se dirigeaient vers le domicile en question pour le saccager, a pris l’initiative d’interpeler les militaires qui passaient avant de les conduire sur les lieux afin que ces derniers sécurisent la maison. Elle fait remarquer que le 18 septembre 2015 date à laquelle la maison a été brûlée, le prévenu ne s’y est pas rendu et pose la question de savoir de quelle pièce le parquet tient cette accusation ? Qualifiant cette accusation du procureur militaire d’affirmation, elle demande au tribunal de savoir s’il peut condamner quelqu’un sur la base des affirmations ? Pour elle, cela n’est pas possible, car la loi l’oblige à le faire sur la base de preuves contradictoirement discutées. N’ayant pas entendu aucun co-accusé ou même ceux qui ne sont pas poursuivis déclarer avoir été au domicile de Salifou Diallo sur instruction de Fayçal Nanéma, elle déclare : «à défaut de preuve matérielle, vous ne pouvez que déclarer que l’infraction n’est pas constituée».

Fayçal accusé également de recèl, son conseil fait remarquer qu’il n’a pas été cité à comparaître pour recèle. Elle indique qu’il n’y a aucun élément dans le dossier qui prouve sa culpabilité. Elle déclare à cet effet : «aucune pièce n’a été versée à votre dossier attestant que Nanéma a eu connaissance des objets volés» .

Edoé MENSAH-DOMKPIN

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