Méningite : On peut en guérir totalement et sans séquelle

Méningite : On peut en guérir totalement et sans séquelle

La méningite est une inflammation des méninges. C’est une maladie grave qui se transmet par plusieurs canaux. Selon Dr Arouna Gnamou du  service des maladies infectieuses et tropicales au CHU-YO, les méningites virales sont les plus fréquentes au Burkina et celles bactériennes, les plus graves. La vaccination s’avère le moyen le plus efficace dans la lutte contre cette pathologie. Cette année, deux districts du pays ont été placés en situation d’alerte. Ce sont Gaoua dans le Sud-Ouest et Diapaga à l’Est.

La méningite se manifeste  essentiellement par entre autres une fièvre le plus souvent élevée: 39- 40°c associée à des frissons ; une douleur : céphalées intenses diffuses exagérées par la lumière accompagnées de vomissements en jet,   algies diffuses, hyperesthésie ; une contracture : raideur du cou,  la tête rejetée en arrière ; des troubles de la conscience : coma, convulsion, confusion, délire, agitation psycho motrice ; il arrive parfois d’avoir une éruption sur la peau appelée purpura, c’est un signe rare d’extrême gravité qui traduit la propagation du germe dans tout l’organisme. Mais chez le nouveau-né et le nourrisson, le diagnostic est  plus difficile : trouble du comportement (agitation, somnolence, refus de l’alimentation, grognon, geignard, pleurs au moindre contact), prostration, convulsions.

La raideur de la nuque est souvent remplacée par une hypotonie (la nuque devient alors molle). Devant ces signes, il faut immédiatement faire  la ponction lombaire (prélèvement de liquide au niveau du dos) qui ramène un liquide céphalo-rachidien louche ou purulent en cas de méningite bactérienne. Selon Dr Arouna Gnamou, en poste au service des maladies infectieuses au Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU-YO), la méningite est une maladie contagieuse qui peut se transmettre par un contact étroit et prolongé avec une personne infectée.

En effet, la bactérie étant véhiculée par la salive et les secrétions provenant du nez et de la gorge, on peut la contracter en respirant des particules de salive présentes dans l’air lorsque la personne a toussé, éternué ou s’est mouchée.  Certains facteurs favorisent aussi la transmission : l’altération de la muqueuse rhino-pharyngée d’origine climatique (froid, sécheresse, vent) ou virale, le tabagisme, l’altération du système immunitaire, la promiscuité (habitats collectifs, pèlerinages), les zones à forte densité de population (zones suburbaines pauvres, camps de réfugiés).

« Les méningites virales sont les plus fréquentes au Burkina et celles bactériennes, les plus graves »

A en croire Dr Gnamou, les méningites infectieuses sont provoquées par quatre types de microorganismes (virus, bactéries, champignons, parasites). Et d’ajouter que toutes les formes de méningite sont rencontrées au Burkina Faso. « Les méningites virales sont les plus fréquentes tandis que les méningites bactériennes sont les plus graves et le plus souvent responsables des épidémies ».

Les complications sont essentiellement  dues au retard de diagnostic, de prise en charge adaptée, au terrain  et/ou à la virulence du germe responsable. Ainsi donc, nous avons :

-les séquelles neurosensorielles graves et invalidantes (10 à 30 % des cas) ; surdité, épilepsie, déficit moteur, retard mental et troubles du comportement, en particulier chez le nourrisson, atteinte de l’oreille interne conduisant à un retard de la marche, même en l’absence d’atteinte neurologique avant l’âge de la marche.

– la mortalité est précoce, dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des symptômes, malgré le traitement (10 % au moins des patients décèdent dans les 48 heures, d’où l’importance d’un traitement très précoce.

Les comportements  à  adopter 

A écouter notre spécialiste, la vacnation  demeure le moyen le plus efficace pour prévenir  la méningite.  Et les vaccins disponibles dans le Programme élargi de vaccination (PEV) sont : BCG  à la naissance; vaccins contre Haemophilus influenzae et pneumocoque à partir de 2 mois de vie, vaccins contre la rougeole et les oreillons à partir de 9 mois,   Méningocoque A  à partir d’1 an.

Vaccins hors PEV : Tétravalent (ACYW135) contre les méningites à méningocoques ACYW135  à partir de  2 ans ;

Mesures de protection individuelle: humidification des narines, port de masque, cache-nez…

Il convient de souligner que l’évolution de la méningite dépendra de plusieurs facteurs du fait qu’elle touche directement le cerveau. Les facteurs péjoratifs ou le mauvais pronostic, lorsqu’ils sont présents chez un individu malgré un traitement antibiotique bien conduit, les risques de séquelles voire de décès sont très élevés. Ce sont : le retard à la mise en route d’un traitement antibiotique qui va tuer le germe ; le jeune âge (nourrisson, enfant) ; le germe (pneumocoque) ; la gravité du tableau neurologique initial (notamment dans les formes comateuses avec des convulsions) ;  le terrain : les personnes drépanocytaires ayant une dépression de leur immunité (diabétiques, PVVIH, qui n’ont pas de rate, personnes âgées…)

Mais qu’à cela ne tienne, avec un traitement antibiotique  précoce et bien adapté, on peut  guérir totalement  de la méningite et sans séquelles surtout que la prise en charge est gratuite au pays des hommes intègres.

La méningite en chiffres cette année au Burkina

Le ministère de la Santé à travers la Direction de la protection de la santé de la population (DPSP), au cours d’une rencontre d’information et de formation au profit des hommes de médias organisée le jeudi 21 mars 2019 à Ouagadougou, faisait le point de l’évolution de l’épidémie. D’après  Dr Landaogo Lionel Wilfried Ouédraogo, directeur  de la DPSP, la situation épidémiologique faisait ressortir 933 cas de méningite sur tout le territoire depuis le début de l’année 2019 avec 55 décès soit un taux de létalité de 5,9%. Seuls les districts de Gaoua dans la région du Sud-Ouest avec 3,6 cas/100 000 habitants et Diapaga dans la région de l’Est avec 4,9 cas/100 000 habitants étaient en situation d’alerte.  Face donc  à la situation, Dr Ouédraogo rassurait que dès le 29 mars, une campagne réactive se mènera dans les zones concernées pour maitriser l’épidémie.

Les conseils du Dr Arouna Gnamou

La méningite est une maladie grave, très souvent mortelle et il y a des comportements à adopter dans notre quotidien, le plus souvent avec les enfants et même les adultes, des gestes banals mais qui peuvent être efficaces dans la lutte préventive contre la méningite tels que le port de casque, de cache-nez, l’humidification des narines surtout en saison sèche.

La vaccination étant l’un des moyens, voire même le moyen le plus efficace dans la lutte contre la maladie, il faut insister avec nos sœurs et mères à respecter le calendrier vaccinal de leurs enfants. Néanmoins, dès que nous avons un seul signe d’appel (des vomissements, céphalées, convulsion, fièvre…), il faut immédiatement consulter dans une structure sanitaire (Je profite rappeler que le traitement de la méningite est gratuit au Burkina Faso), lorsqu’on consulte tôt, la prise en charge est précoce et on espère vraiment aboutir à des résultats meilleurs c’est-à-dire à une guérison complète et sans séquelle . SOCIETE

Boureima SAWADOGO

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