Lors de la pichenette gouvernementale opérée le 12 janvier dernier, il y a eu des fusions-absorptions de départements ministériels et des changements de dénominations. Au nombre des ces derniers, il y a 2 qui sont dignes d’intérêt : celui de la Guerre anciennement appelé ministère de la Défense et des Anciens combattants et l’autre ministère de la Fonction publique qui se mue en ministère des Serviteurs du Peuple. On ne peut que se féliciter de ces dénominations nouvelles qui renvoient à des réalités actuelles en lieu et place des appellations datant des années 60 et héritées du colon.
D’abord, ministère de la Défense s’avère obsolète un tantinet revêche car il sied peut être en temps de paix alors que depuis 10 ans, le Burkina est en guerre contre des terroristes des croquants qui en veulent à notre intangibilité territoriale, à nos cultures et à nos richesses du sous sol. Déployés sur le terrain, les FDS et VDP y font front.
Et qu’est ce que la guerre ? On ne peut que retenir l’acception du général prussien Carl Von Clausewitz : « La guerre est un acte de violence engagé pour contraindre l’adversaire à se soumettre à notre volonté. »
Mais les mutations des formes conflictuelles s’accompagnent d’une dissociation de cette violence. D’où les guerres conventionnelles et celles hybrides asymétriques. Le Faso est confronté à des attaques lesquelles tentent d’être diffuses. Mais c’est une guerre et qui plus qu’un ministère dont le rôle premier des agents est de faire ce métier mérite le nom de ministère de la Guerre ? Ça tombe à pic avec le Général de division fraîchement nommé Célestin Simporé qui est à sa tête. La meilleure défense c’est l’attaque et le Burkina Faso y est. Quant au strapontin que dirige depuis quelques temps Mathias Traoré, sa débaptisation convient car Fonction publique était un peu éculée et réducteur. On circonscrivait le département aux fonctionnaires étatiques. Or, son rôle déborde ce spectre. Car ceux qu’on appelle communément Fonctionnaires, ce sont des agents publics qui agissent pour les citoyens burkinabè, ils servent donc le peuple et comme c’est dans l’ère du temps on est en pleine RPP « Serviteurs du Peuple » épouse le travail du ministère comme un gant !
Idem pour Construction de la patrie car les infrastructures routières ( ponts autoroutes et chaussées ) n’est ce pas de la terre qu’on ajoute à la terre pour reprendre une expression de Me Pacéré de vénérable mémoire ? Agglomérations et arrangements des villes et villages c’est la Patrie qu’on construit pierre après pierre !
Quand à certains regroupements de ministères tel que celui que cornaquera le Commandant Ismaël Sombié « Agriculture- Eau- Ressources animales et halieutiques » quasiment la même dénomination que dirigea Salif Diallo, il y a le soucis de la pertinence des tâches qui se recoupent mais aussi de l’efficacité à rechercher.
Un gouvernement c’est une équipe homogène qui exécute les tâches à lui confiées par le chef de l’Etat via le Premier ministre. Mais à bien des égards, l’intitulé des départements comptent dans l’accomplissement des missions. Dis moi quel est le nom de ton ministère et je te dirai quelle tâche à accomplir !
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana


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