Le Front patriotique pour le renouveau (FPR) a décidé hier jeudi 20 août 2020 à Ouagadougou, de porter officiellement à la connaissance du peuple burkinabè, sa position sur sa participation aux élections couplées (présidentielle et législatives) dans les conditions actuelles de leur organisation. Le parti s’inscrit contre la dynamique d’organiser ces élections sans tenir compte de la réalité vitale des Burkinabè. Sur le projet de modification du code électoral, Aristide Ouédraogo, président du FPR, tire la sonnette d’alarme : «Nous attirons l’attention de tous ceux qui ont donné leurs accords pour une modification du code électoral en ce moment précis sans le consentement d’une large majorité des acteurs politiques du Burkina Faso, qu’ils s’engagent résolument vers la commission du crime de changement anticonstitutionnel de gouvernement en 2020».
Les élections de novembre 2020 approchent à grands pas et l’arène politique se réchauffe surtout avec le fameux projet de modification du code électoral. Tout comme l’Opposition non affiliée (ONA), le FPR s’oppose au projet de modification du code électoral. Son président, Aristide Ouédraogo, crie à un entêtement clair et visible de la part du régime actuel et de ses alliés à aller vers l’organisation coûte que coûte, vaille que vaille, de ces élections couplées le 22 novembre 2020 afin de sauver selon lui, certains mandats et certains postes tout en occultant carrément les problèmes qui pourraient en résulter. «On ne sera ni partisan, ni complice dans un processus qui, au lieu de renforcer la démocratie et la paix sociale, nous conduira bien au contraire vers la déliquescence du pays», a-t-il prévenu. C’est pourquoi, des dires du premier responsable du parti, le FPR ne prendra pas part aux élections couplées présidentielle et législatives dans les conditions actuelles de leur organisation non inclusive et non universelle. De ce fait, il précise qu’ils ne font pas partie et ne ferons pas partie de ceux qui organisent des investitures çà et là à type de festivités et de réjouissances, pendant qu’une fraction considérable du peuple burkinabè souffre profondément des maux dénoncés. «Au titre donc de ces deux élections non inclusives en 2020, nous ne présenterons aucun candidat et nous ne soutiendrons également aucun candidat dans l’intention de recevoir des faveurs financières ou quoi que ce soit en retour. Vivre pour le peuple et servir le peuple dans l’équité et la justice sociale, tel est notre noble combat», parole d’Aristide Ouédraogo. A son sens, il est d’une évidence admissible que si la modification du code électoral du Burkina Faso venait à être adoptée par le parlement en violation des dispositions et qu’il sert de base à l’organisation des élections couplées, alors le gouvernement qui en sera issu sera de facto un gouvernent illégitime et anticonstitutionnel. «Qu’un tel gouvernement ne s’étonne donc pas d’être combattu avec toutes les armes juridiques, démocratiques et politiques disponibles», prévient le président du FPR. Il ajoute que les acteurs politiques du Burkina Faso, ainsi que la communauté internationale sont amplement informés sur cette tentative de passage en force qui se prépare ainsi que des conséquences possibles qui en résulteraient. Il en veut pour preuve la crise malienne qui selon lui est une conséquence directe de l’organisation des législatives de mars dernier.
Omar SALIA


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