Mort de Ag Moussa Ba : Coup dur pour Ag Ghaly  et dissensions entre Bamako et Paris

Mort de Ag Moussa Ba : Coup dur pour Ag Ghaly  et dissensions entre Bamako et Paris

C’est un nouveau coup dur que vient de porter les Forces armées françaises au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) de Iyad Ag Ghaly. Le 10 novembre 2020, dans une opération rondement menée, et préparée depuis de longue date, les troupes françaises au Mali, ont réussi à mettre hors d’état de nuire, Ba Ag Moussa ou Ibah Ag Moussa, dit Bamoussa Diarra ou Bamoussa, un chef djihadiste malien. Selon les informations du commandement des Forces françaises, l’intervention qui a permis de neutraliser ce proche d’un des chefs djihadistes les plus recherchés du Sahel, Iyad Ag Ghaly, a mobilisé quatre hélicoptères et une quinzaine de commandos. Elle s’est déroulée près de Tadamakat, à une centaine de kilomètres de Ménaka.

Ce djihadiste lié à Al-Qaïda au Mali était l’un des membres fondateurs du groupe Ansar Dine. Il serait responsable de plusieurs attaques contre les forces maliennes et internationales. A n’en point douter, sa mort constitue un coup dur porté à l’ancien patron d’Ansar Dine et au GSIM, qui vient de perdre son chef des opérations et son numéro deux. Il s’agit selon le jargon, d’une frappe chirurgicale qui dénote de la volonté farouche de la France d’en découdre avec les forces du mal au Sahel et partout ailleurs.

Cette œuvre de salubrité sécuritaire de la Force Barkhane, intervient quelques trois semaines après la libération de quatre  otages retenus depuis plusieurs mois dont l’opposant malien Soumaïla Cissé, et la Française Sophie Pétronin. On le sait, les termes de l’échange de ces otages restées jusque-là, imprécis, n’ont pas été acceptés de gaité de cœur par l’Elysée et plusieurs Maliens qui ont vu la note très salée. Plus de 200 combattants djihadistes avaient obtenu la liberté en échange de ces otages. A travers cette opération et les autres, la France comme l’a si bien dit Jean Yves Le Drian, rejette l’option de la négociation ressassée par les autorités de Bamako, depuis plusieurs mois. Et les actions menées mais surtout les chiffres parlent en faveur de cette ligne dure défendue par l’Elysée qui ne veut pas en entendre parler. Ces dissensions apparaissent désormais au grand jour entre les deux pays. La négociation ou la canonnière ? La France est claire !

La multiplication des interventions de l’armée française au Mali, est un indice qui montre aisément l’option prise par Paris. Il s’agit de la «guerre et une offensive à outrance» contre les groupes armés qui écument les dunes de sable du Sahel. La preuve par les 14 militaires burkinabè tués le 11 novembre dernier (lire page 4) Les dernières actions de l’armée française témoignent de la profondeur des dissensions entre Paris et Bamako sur le fait de négocier ou non avec les djihadistes. Aujourd’hui, le moins que l’on puisse dire c’est que Paris est en total  désaccord avec le gouvernement de transition mais aussi avec ce que la population malienne a exprimé à 2 occasions : en 2017 lors de la conférence de l’entente nationale puis en 2019 à l’occasion du dialogue national inclusif. Et au fur et à mesure que les opérations se succèdent, le fossé entre Bamako et Paris s’agrandit et laisse apparaître de grandes divergences.

Davy Richard SEKONE

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