Mort de l’ambassadeur d’Italie en RDC tué à Goma : S’aura-t-on un jour la vérité ?

Mort de l’ambassadeur d’Italie en RDC tué à Goma : S’aura-t-on un jour la vérité ?

Triste fin de vie pour l’ambassadeur d’Italie à Kinshasa, Luca Attanasio tué par balles hier lundi 22 février lors d’une attaque armée qui a visé un convoi du Programme alimentaire mondial (PAM) pendant une visite à Goma dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Deux autres personnes-le chauffeur et le garde du corps du diplomate italien- ont également été tuées pendant l’attaque. Cette attaque qui a eu lieu dans le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, on le sait, est en proie à la violence des groupes rebelles depuis plus de 25 ans. En attendant que les enquêtes élucident les réelles circonstances de ce drame, les autorités congolaises ont d’ores et déjà pointé du doigt des rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Mais en attendant, la principale question que l’on peut se poser est de savoir dans quelles circonstances, le diplomate italien s’est retrouvé dans ce convoi onusien dans une zone, quoique touristique, infectée de groupes armés. S’était-il ‘’camouflé’’ dans ledit convoi humanitaire pour aller en villégiature ou était-il en mission officielle ? Était-il la principale cible ou une victime collatérale ? 17 000 soldats de l’ONU, présents en RD Congo depuis des décennies, mais hélas, il y a toujours dans ce pays-continent d’innombrables rebellions, coupe-jarrets et autres bandits de grand chemin qui tuent, pillent et contestent même l’autorité de Kinshasa. Le diplomate italien a-t-il été victime de l’un de ces groupes armés comme l’affirme la thèse officielle ? S’aura-t-on un jour la vérité sur cet acte ignoble ? En tous les cas, ce drame vient encore rappeler l’instabilité sécuritaire chronique qui sévit à l’Est de la RDC où déjà en octobre 2014, huit casques bleus avaient été tués et dix autres blessés pendant une offensive contre les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Ou encore le 27 mars 2017, deux experts onusiens, la Suédoise Zaida Catalan et l’Américain Michael Sharp avaient été froidement assassinés dans le Kasaï Central alors qu’ils y étaient pour chercher à comprendre les causes des conflits et de l’insécurité afin d’aider à apporter la paix au pays et à sa population.

Dans la mesure où c’est un convoi onusien qui a été attaqué ce lundi et qui a abouti à la mort du diplomate italien, l’on peut bien imaginer dans quelle galère se trouve les agences de développement et de maintien de la paix en RDC avec ces multiples hostilités meurtrières qu’elles subissent régulièrement malgré leur mission cardinale d’améliorer les conditions de vie des Congolais et la sécurisation du territoire. En un mot comme en mille, l’ONU semble payer un lourd tribut pour sa présence dans ce pays continent où elle déploie depuis 1999 près de 19 000 soldats de la paix dans le cadre de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO). C’est d’ailleurs une des missions onusiennes les plus coûteuses. Tout donne l’impression que ce pays a un véritable problème avec l’ONU.

Au-delà des frontières congolaises, ce drame vient aussi poser avec acuité la problématique de la sécurité des diplomates en Afrique d’autant que pas plus tard que le 11 février dernier, l’ambassadeur du Maroc au Burkina, Youssef Slaoui a été agressé à Ouagadougou par des délinquants selon un communiqué du ministère burkinabè des Affaires étrangères.

                           

Idrissa TRAORE

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