Mort de Manu Dibango du coronavirus : Il laisse le Soul Makossa éternel

Mort de Manu Dibango du coronavirus : Il laisse le Soul Makossa éternel

Après Aurlus Membele, emporté par le virus à couronne, ce mal du siècle, voici que le Covid-19 emporte sur ses ailes mortelles l’immense et virtuose Manu Dibango et son souffle qui convertissait l’air divin en symphonie céleste. Le baobab du Soul Makossa (qui l’a révélé en 1972) s’est écroulé. On l’a su confiné malade du coronavirus il y a quelques jours, mais on espérait que le colosse allait s’en sortir. Hélas ! Depuis Soul Makossa, de renommée mondiale repris par Michael Jackson, Manu était devenu une légende vivante du saxo.

L’inventeur de la «world music» du haut de sa forme, était toute urbanité, rieur, et transmettait la joie de vivre, et pas seulement par le saxo. Qui n’a pas éprouvé du plaisir à entendre son éclat de rire qui déride immédiatement. ‘’Dibi’’ pour les intimes est de la race des musiciens camerounais mais d’envergure mondiale tout comme un Francis Bebey. Le monde culturel reste orphelin avec la disparition du pape du saxo.

Manu Dibango est parti. Lui qui semblait si inoxydable, si indifférent à l’écoulement corrosif du temps, a fini par céder aux coups de boutoir du coronavirus.

Il faut dire que ce satané mal s’est attaqué à sa plus grande richesse, son plus grand trésor, ce don divin qui lui a permis d’être ce qu’il a été : ses poumons. Cette paire de soufflets qui a forgé sa carrière a été alpaguée par les germes gloutons du Covid-19. 

Ce virus est donc décidé à faire pleurer l’humanité. Non seulement la maladie saccage les familles en y semant deuil et désolation, mais elle pousse l’outrecuidance jusqu’à éteindre les lampions qui illuminent le ciel de la planète humanoïde, ces étoiles qui donnent joies et amour, qui distillent mille et une raison de rester en vie et de donner une direction à cette existence.

Le décès de Manu Dibango est une immense perte pour le monde musical et pour le monde tout simplement. Son sourire qui ne le quittait jamais, son talent qu’il distribuait sans parcimonie et tout ce qu’il représentait et incarnait viennent ainsi de s’estomper. 

Mais le virus est simplement venu à bout de son enveloppe charnel. Pas de la charge de son message pour l’humanité. Manu Dibango a chanté l’amour durant sa vie. Il a bercé plusieurs générations de ses instruments, de sa trompette, de sa voix, de ses rythmes, de cette porte qui ouvre sur l’âme. Au soir de cette vie, il chante le message de la vie. Celui de tout faire pour venir à bout du Covid-19. Pour que d’autres étoiles ne s’éteignent pas. Un musicien de sa trempe ne meurt jamais, car il demeure éternel, et l’éternité s’ouvre à Manu, par sa musique, et nul doute que dans le panthéon des grandes stars du jazz il a sa place aux côtés des Benny Goodman, King Oliver, Billie Hollidays, Duke Ellington et autre Louis Amstrong ! Un artiste ne disparaît jamais, Dibango s’est éclipsé, mais qui peut faire taire cette musique qui résonnera partout dans le monde pour toujours ? Pars tranquille Manu, tu as brûlé ta part de poudre dans ce que tu excellais : le jazz. Adieu la star !

Ahmed BAMBARA

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