Le comité Nobel en Suède a jeté son dévolu 2026 sur une dame, Navi Pillay, juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda( TPIR) , avocate anti-apartheid, juge à la Cour pénale internationale,( CPI) , Haut-commissaire des droits de l’homme. C’est une trajectoire méritoire dont les jalons sont semés autant d’actes courageux que de défis, au rang desquels le rapport Mapping qui a valu à l’octogenaire Sud Africaine ce diadème de paix sur la tête ce 9 octobre 2026.
Lorsque le 1er octobre 2010, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, elle rend public l’inventaire des crimes les plus graves perpétrés en RDC entre 1993 et 2003, elle venait de briser un tabou, en même temps qu’elle tapait dans une termitière, celle de l’impunité dans» l’éternelle guerre» dans ce pays- continent. C’était courageux, voire téméraire de sa part, car rompant avec les propos sirupeux, genre eau de robinet des diplomates. C’est le fameux rapport Mapping qui fera date puisque solide et documenté. 33 experts qui ont travaillé sur la RDC de 2008 à 2009, 1280 témoignages et croisements de 1500 documents en une décade. Mieux ou pire, le rapport pointe du doigt l’armée rwandaise et ses alliés, AFDL, qui auraient commis des crimes contre les populations, en particulier celles hutues rwandaises et congolaises.
La moutarde a monté naturellement au nez des autorités rwandaises qui avaient brandi à l’époque le retrait de leurs casques bleus du Soudan. Las! l’égérie des droits de l’homme de l’ONU persiste et signe et le 1er octobre, elle publie le texte tout en précisant qu’il s’agit d’un constat. Par la suite, des ajustements y seront apportés par la RDC, mais la trame du Mapping demeure et la Cour internationale de justice est saisie par la RDC contre le Rwanda et cette requête est basée en partie sur le rapport Mapping. Désormais, c’est le document de référence de la RDC devant les juridictions internationales
Mais si le rapport Mapping constitue les indices ou preuves de ces crimes, ceux en particulier contre les femmes et les enfants en sont la substantifique moelle
Autant dire les travaux ou plutôt les dénonciations du docteur Mukwege « l’arrangeur de femmes» , le toubib qui a soigné ces femmes abimées , car utilisées comme armes de destruction massive dans cette sale guerre. Des pans entiers du rapport Mapping y sont consacrés. C’est donc un Nobel qui en fait un autre. Docteur Mukwege prix Nobel 2018 a été cause pour que le comité Nobel récompense Navi Pillay et toujours sur le cas de la RDC pour dire que la gâchette de l’Afrique continue à percuter, car c’est une guerre qui s’est inscrite dans la durée , un peu banalisée et en 2026, malgré les accords, elle se poursuit avec ses victimes et ses catastrophes humanitaires
Aujourdhui Au Faso


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