Obsèques de Robert Mugabe : Papy Bob, not forever !

Obsèques de Robert Mugabe : Papy Bob, not forever !

Le héros national, le père de l’indépendance zimbabwéenne est de retour dans son pays. Ce pays qu’il a défendu contre le joug colonialiste pour ensuite régner pendant près de 40 ans, avant de  quitter le pouvoir d’une manière qui aurait tant être plus glorieuse. Une sortie digne et pleine de panacée comme l’a vécue feu Nelson Mandela, qu’il a désormais rejoint au panthéon des Hommes qui ont marqué l’histoire du continent africain. Il n’ira plus à Singapour pour bénéficier des soins 3.0 de ce pays où un autre timonier à Lee Kuan Yew, a utilisé le temps qu’il passa à la tête de Singapour pour développer tous les secteurs, notamment, l’éducation et la santé.

Dans les années 80, Singapour n’était pas si différente du Zimbabwe, mais à force de travail impulsé par l’homme d’Etat Kuan Yew, voilà cette grande mégapole parmi les petits dragons asiatiques. Son antithèse Bob venait régulièrement faire son chek up chez lui ! Malgré tout, les Zimbabwéens honorent l’ex-guérillo anti-impérialiste.

Le vieux «Bob» part comme il a vécu. En ne laissant pas indifférent. Il y avait une certaine gêne de ceux qui l’ont poussé à quitter le palais présidentiel. Les Zimbabwéens auraient sans doute voulu une autre fermeture de rideaux. Hélas ! Et Robert Mugabe a emporté cette rancœur dans la tombe. A preuve, bien que son successeur Emmerson Mnangagwa semble être disposé à rendre les honneurs dus à son rang en le faisant reposer au pinacle des héros nationaux, avant de partir pour le voyage sans retour depuis le sol singapourien, le défunt avait pris le soin de manifester sa dernière volonté à ses proches : reposer dans son domicile privé, loin du cimetière dit réserver aux fameux héros.

Une polémique et une dernière volonté d’un mort qui jettent un froid malaisé sur ces obsèques qu’on veut pourtant grandioses et à la hauteur du sacrifice de l’homme pour son pays.

Les autorités zimbabwéennes auront beau se démener, il n’est pas coutume de passer outre les derniers désirs d’un mourant. On peut difficilement lui refuser ce qui, apparemment, pourrait l’aider à reposer en paix et calmer un peu cette rancune qu’il a emportée avec lui.

Le gouvernement zimbabwéen, Emmerson Mnangawa en tête, devraient par conséquent se contenter de ce qui est possible de faire sans courir le risque que Robert Mugabe ne se retourne dans sa tombe. C’est-à-dire l’exposition de la dépouille de l’ex-président du ce jeudi 12 septembre au stade Rufaro, dans la banlieue d’Harare, pour le grand public. Son pèlerinage dans le village de Zvimba et enfin, son retour à Harare ce samedi pour des obsèques nationales. Le pouvoir lui a été arraché. Qu’on lui laisse au moins ses dernières volontés…

En vérité, dès ce samedi, quel que soit le lieu où reposera pour l’éternité le camarade Bob, une page du Zimbabwe se tourne définitivement, amorcée en novembre 2018, par l’éclipse totale de cette figure centrale de la politique de cette nation. C’est la fin partielle d’une époque. Car celui qui l’a succédé Emmerson Mnangagwa et tout l’appareil politique et les hiérarques de la ZANU/PF sont toujours aux manettes. Mais pour Mugabe, c’est not forever ! 

Ahmed BAMBARA

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