Offensive de la CMA à Léré: l’Accord de paix de 2015 se fragilise davantage

Offensive de la CMA à Léré: l’Accord de paix de 2015 se fragilise davantage

Les escalades se succèdent au Nord du Mali. Après Tombouctou, Bourem et Gao, c’est au tour de Léré d’enregistrer une offensive des forces séparatistes touareg qui se sont emparés de deux camps militaires à Léré dans la journée du dimanche 17 septembre 2023. Cette offensive qui porte la signature de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), alliance de groupes séparatistes dominée par les Touareg annonce des lendemains incertains dans cette partie du pays, où des mouvements de populations tentant de quitter la ville ont été signalés.

Dans un communiqué, l’armée malienne a confirmé l’attaque sur cette ville de la région de Tombouctou.  Selon plusieurs témoignages, après d’intenses combats, les assaillants ont pris le contrôle des deux camps. «Nous avons attaqué et pris le contrôle des deux camps militaires de la localité de Léré ce dimanche. Les camps sont sous notre contrôle», a déclaré Almou Ag Mohamed, un porte-parole de la CMA, qui a par ailleurs affirmé avoir «abattu un avion de l’armée». Hier lundi 18 septembre 2023, la contre-offensive annoncée par les FAMa aurait permis de chasser les combattants de la CMA qui avaient pris le contrôle des deux garnisons. Aucun bilan précise n’a été dressé jusqu’à lundi soir.

Au moment où les interrogations persistent sur les circonstances de cette offensive, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle confirme à nouveau la faillite de l’accord de paix signé en 2015 par une alliance de groupes armés à dominante touareg entrés en rébellion contre l’Etat central en 2012, par le gouvernement et par des groupes armés loyalistes. Elle conforte les observateurs les plus sceptiques qui, au lendemain de la signature de l’Accord de paix d’Alger avait exprimé leurs réserves quant à une solution définitive de la question touarèg au Nord du Mali. Avec ces dernières escarmouches, on peut dire que la MINUSMA, mission de l’ONU dont le départ progressif donne lieu à une reprise des hostilités n’avait fait que retarder les choses. Si rien n’est fait, le Mali devra se résoudre (quoiqu’il en coute) à en découdre avec les forces séparatistes qui voient d’un mauvais œil la restitution des emprises de la MINUSMA au FAMa. 

La REDACTION

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