Ouane face à la classe politique au Mali : La Transition esquisse les  linéaments d’un processus électoral risqué

Ouane face à la classe politique au Mali : La Transition esquisse les  linéaments d’un processus électoral risqué

En attendant qu’il approfondisse sa pensée et sa stratégie le 19 février lors de sa déclaration sur le plan d’action du gouvernement de la transition (PAGT) devant le CNT qui tient lieu de parlement, le Premier ministre malien Moctar Ouane a eu des échanges avec la classe politique hier 10 février à Bamako.

Sans trop de gymnastique cérébrale, on devine, et c’est ce qui est apparu au détour de l’évocation de certains sujets, sans beaucoup de réflexion donc, ce sont les prochaines élections qu’organisera la transition qui ont été au cœur de cette rencontre.

Réformes politiques et institutionnelles, cohésion nationale, lutte contre le terrorisme ont été les épicentres de ces débats. Avec évidemment ce que le premier ministre appelle «les menaces qui menacent les têtes» ne sont autres closes, que les lois qui régissent les scrutins.

Premier draft visé : la CENI «la création de cette instance unique» devrait permettre de tenir des élections censément apaisantes. Quelle configuration aura cet organe électoral ? Quelle ligne guidera ces élections qui doivent réconcilier les Maliens avec eux-mêmes, mais qui peut comporter les germes d’une déflagration sociale. Les «députés» du CNT pourront-ils s’entendre sur les termes de ces textes que arrêteront l’Exécutif ? Et encore, la Transition est-elle habilitée à organiser ce processus électoral en amont et aval ?

Echafaudés et concrétisés au forceps et à coup de ruse, l’Exécutif et le législatif transitionnels maliens sont suspecté à tort ou à raison de baliser le terrain pour être de dignes successeurs d’ATT. Sauf que le Mali de 2002, n’est plus celui de 2021. Avec un pouvoir civilo-militaire, mais à forte coloration kaki, avec le chef de l’ex-junte dont la structure CNSP, vient d’être dissoute, il y a quelques semaines, les Maliens toujours divisés sur de nombreux sujets militaires scrutent doute l’horizon politique, avec l’échéance de 2022, comme cap.

Et si Assimi Goïta voulait faire tomber le treillis et se faire absoudre par les urnes ? Un double sacrilège aux yeux du M5-RFT, qui fut le fer de lance de la lutte anti-IBK, avant que les colonels de Kati ne viennent terminer proprement le travail ; car si les partisans de l’imam Mahmoud Dicko ont accepté d’avaler la couleuvre du CNSP mué en transition, ils surveillent avec minutie la préparation des prochains scrutins. Pour ce M5, du reste, ces élections ne devraient pas être organisées par la transition. C’est dire que cette première rencontre, prise de contact s’il en est, n’a fait qu’accentuer le jeu de théâtre d’ombre qui se déroule sur les bords du Djoliba. Des élections à date improbables, une Transition et une opposition hétéroclite à leurs calculs et un Mali toujours assailli par les mêmes problèmes sous IBK. C’est-à-dire chômage, mal gouvernance, un septentrion sous prise djihadiste, un centre insécurisé… En vérité, Ouane devra user de beaucoup de tact pour convaincre le 19 février…

La REDACTION

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 0
Aujourd'hui au Faso

GRATUIT
VOIR