Ouverture de la campagne électorale au Burkina : C’est parti pour la pêche des voix !

 Ouverture de la campagne électorale au Burkina : C’est parti pour la pêche des voix !

Le ton est donné, depuis le samedi 31 octobre 2020, la campagne pour les élections présidentielle et législatives du 22 novembre prochain est officiellement ouverte. Avant dernière étape cruciale du processus menant vers le scrutin, c’est le moment tant attendu par les partis et formations politiques en lice pour aller à la conquête de l’électorat disséminé à travers le pays.

Pour l’occasion, ils sont plus de 160 partis, formations et mouvements politiques à se lancer à la pêche des voix pour ce double scrutin (présidentiel et législatif). Moment de ferveur et de contact direct entre politiques et populations, la campagne qui vient de s’ouvrir, tranche avec les précédentes. En effet, s’il faut se féliciter de l’intégration du vote de la diaspora lors de ce scrutin, c’est aussi la première fois depuis sa création en 1919 que le Burkina Faso, ancienne Haute-Volta ira aux urnes alors qu’au moins 1/3 de son territoire est sous contrôle de groupes armés. Techniquement, c’est au moins un million d’électeurs potentiels qui se verront privés de leur droit d’expression démocratique qu’est le bulletin de vote. Dans ce Burkina Faso en proie aux récurrentes incursions des groupes armés terroristes, on dénombre plus d’un million de déplacés internes.

C’est connu, sous nos cieux, la campagne électorale est le moment approprié  où les populations mais surtout les personnes en âge de voter font l’objet de toutes les convoitises et promesses électoralistes dont le seul objectif est de recueillir le maximum de voix. C’est aussi l’occasion appropriée pour les électeurs de mesurer le degré de crédibilité des politiques (candidats à leur propre succession) à travers un bilan exhaustif  des réalisations de leurs promesses électorales.

En Afrique comme partout ailleurs dans le monde, campagne électorale  rime le plus souvent avec démagogie et celle qui vient de s’ouvrir ne dérogera pas à cette règle. Sans être divin, lors de ces campagnes présidentielle et législatives qui se tiennent concomitamment, les populations seront largement servies en promesses et déclarations des plus insolites. C’est le lieu ici de rappeler à l’ordre les adeptes des déclarations incendiaires et actes répréhensibles. La paix sociale reste l’une des richesses les plus inestimables du pays des hommes intègres et il sera très regrettable que pour des intérêts égoïstes, elle soit mise à mal.  

Et comme l’a si bien relevé Newton Ahmed Barry,  le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), les 21 jours de jamborée politique, sont d’une importance capitale car il s’agit pour les détentrices et détenteurs de la souveraineté et du pouvoir que sont les électeurs, de concéder une parcelle de souveraineté à un des treize candidats en lice pour la présidentielle et à ceux des législatives, pour les cinq prochaines années. C’est donc le moment idéal pour les populations à la base de mettre en branle leur esprit critique et de se constituer en groupe de pression pour exiger désormais  plus d’égard des politiques en accordant leur voix à celle ou celui qui aura retenu leur attention en termes de crédit et de projet de société le plus crédible pour éviter d’être de nouveau des dindons de la farce. C’est en en cela que l’on pourrait faire barrage aux politiciens véreux et assainir le landerneau politique burkinabè.

Davy Richard SEKONE

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