Partenariat de combat, nouvelle doctrine  de Barkhane en Afrique :  Bazoum enfile le boubou du maréchal IDI du Tchad

Partenariat de combat, nouvelle doctrine de Barkhane en Afrique :  Bazoum enfile le boubou du maréchal IDI du Tchad

En martelant le 13 juillet dernier à l’Hôtel de Brienne, avec à ses côtés le ministre des Armées, Sébastien Lecornu qu’il faut «repenser l’ensemble des dispositifs militaires français en Afrique», Emmanuel Macron dans son traditionnel grand oral à la grande muette à la veille de la fête nationale française ne pouvait parler que de l’Opération Barkhane, ou plutôt, ce qu’il en adviendra après sa réarticulation, poussée hors du Mali, après 8 ans de services, jugés insatisfaisants par les militaires putschistes de Bamako, mais dont les actions ont pu faire pièce au désir d’érection d’un califat au Sahel.

Une Transition malienne qui a même voulu que Barkhane quitte immédiatement le territoire ce qui fera dire à Marcon, que Barkhane le fera, mais avec la manière et le temps dû. Néanmoins, les 6 mois impartis pour «sortir» du Mali posaient assurément un défi logistique et organisationnel qui tire d’ailleurs vers sa fin, les principales bases telles que Gossi, Ménaka, ayant été remises aux FAMa.

Mais un départ qui trouve son explication aussi dans le refus de Barkhane de coexister avec les «mercenaires» russes de Wagner, sur les sables maliens. Puis le 16 juillet Niamey, puis Abidjan ont été les étapes du ministre des Armées. Du Niger, Sébastien Lecornu a rallié Abidjan où se trouve un contingent militaire français, et où les Accords de défense vieux de plusieurs décennies sont toujours en vigueur. Assurément, c’est la nouvelle mouture de la stratégie de Barkhane qui est en train de prendre corps. Et le Sahel devrait faire sienne cette stratégie.

Et vraisemblablement, c’est au Niger que se réarticulera, l’œuvre de sécurisation sahélienne de Barkhane, en toute discrétion, et c’est pour réaffirmer cette décision que les 2 ministres français ont séjourné ce 16 juillet à Niamey. Et si à Abidjan, c’est presque une revue de troupe à Niamey ce n’est pas le cas. Les ministres français ne sont pas venus les mains vides au Niger, car la France a cadeauté le Niger d’une aide budgétaire de 20 millions d’Euros (13 milliards de F CFA), soit 8 millions d’Euros à injecter pour circonscrire la crise alimentaire et les 5 autres à l’aide humanitaire.

Naturellement, l’urgence demeure la lutte contre le terrorisme et face à «l’échec du G5 Sahel», dixit Hassoumi Massaoudou, le ministre nigérien des Affaires étrangères, qui reprend une version édulcorée de l’affirmation de son patron qui avait affirmé que «le G5 Sahel est mort» après le retrait du Mali de cette organisation, qui véritablement est restée dans un état végétatif, face donc à un instrument de poids contre le terrorisme, Barkhane avec les forces sahéliennes sont les contre poids des katibas.

Et depuis ce 16 juillet 2022, depuis le Niger, on en sait un peu plus sur ce repositionnement de la fille Serval : ce sera sous le sceau du Partenariat de combat et sous commandement nigérien telle est désormais la doctrine, la colonne vertébrale de la nouvelle stratégie du format Barkhane, forte d’un millier de soldats des forces spéciales dotées de moyens aériens et de renseignements et poseront leurs pénates en jalonnement de 800 km à la frontière avec le Mali.

Et parce que c’est le Niger, parce que c’est Bazoum ! Le président nigérien enfile lentement, sûrement et inexorablement le boubou du défunt maréchal-président du Tchad Idriss Déby Itno (IDI).

On ne le devinait que trop, mais nombreux sont ceux qui subodoraient que lorsque Déby-père a été tué le 20 avril 2021 sur le champ de bataille, c’est Amdjareff, son fief qui se retrouve d’abord orphelin, puis le Tchad et tout le Sahel, un Sahel qui venait de perdre son «parrain» dans la lutte contre le terrorisme, car avec Idi c’était une autre époque, ses Warriors étant jusqu’à preuve du contraire, les seuls capables d’être efficaces et contre les terroristes de l’IEGS et ceux de Boko Haram.

Et en dépit de la présence du QG de Barkhane au Tchad, cette disparition signait aussi pour la France la perte d’un allié utile et pugnace. La France devrait changer son fusil d’épaule, et le Mali a accéléré le processus, acté officiellement le 17 février lors du sommet UA-UE de Bruxelles, mais si le Mali n’avait pas fait l’objet d’un double coup d’Etat, et d’un appel d’air de Wagner, Barkhane allait tôt ou tard, existant sécuritaire oblige, Barkhane allait opérer sa mue. Voilà donc, par la force des choses, les circonstances, et la personnalité de Bazoum, qui cahin cahan devrait chausser les babouches du Maréchal tchadien, une sorte de «meneur» de la lutte anti-terroriste au Sahel.

Une posture qui ne manquera pas de raviver à tort les sempiternelles philippiques relatives à son tropisme français, ou plus prosaïquement, à sa propension à livrer le Niger aux troupes étrangères. Et pourtant, on a vu le même Bazoum en Turquie, en Algérie où il a visité des usines d’armement, et encore on l’a entendu dire que tout partenaire qui peut aider le Niger et le Sahel est le bienvenu, mais pas pour combattre à la place des soldats nigériens, mais pour un appui aérien et en renseignement !

Que va faire Bazoum, le nouveau «parrain» de cette nouvelle lutte contre les djihadistes ? Quelle sera concrètement sur le terrain cette nouvelle stratégie de Barkhane ? On attend la réponse sur le terrain de la lutte.

La REDACTION

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