La semaine passée lors du dernier Conseil des ministres, Patrice Talon après avoir évoqué ce qu’il a fait durant ses 2 mandats, a félicité ses proches collaborateurs et a eu droit à un standing ovation. Il a pris l’occasion pour dire « adieu » au palais de la Marina et au pouvoir, en attendant l’installation officielle de son dauphin élu Romuald Wadagni. Dans le grand oral à la Nation, qu’il a fait hier 21 mai, l’ultime en tant que chef d’Etat, c’est une reconnaissance componctionnée au peuple béninois qu’il lui a faite pour lui avoir renouveler sa confiance par 2 fois. Rappelant les chantiers des réformes entreprises sous son magistère, qui visaient à renforcer les institutions et le développement socio-économique du Bénin, Talon a tout de même reconnu que ce ne fut pas un long fleuve tranquille. Hommage à son épouse sans laquelle, il n’aurait pas pu réaliser ce qu’il a fait. Il a invité le peuple béninois à rester uni pour affronter les défis du progrès. Au président élu Romuald Wadagni, qui prêtera serment ce dimanche 24 mai 2026, il l’a invité à consolider les acquis, à ouvrir de nouveaux chantiers pour le bien-être du Bénin et à toujours privilégier l’intérêt supérieur de la Nation.
Rideau sur l’ex magnat du coton milliardaire, devenu président, place à son successeur Romuald Wadagni. Que fera -t- il de ce pouvoir à lui offert quasiment sur un plateau d’argent avec 94,05 % des voix ? Il a toutes les cartes en main, mais paradoxalement c’est cela aussi son talon d’Achille ! N’ayant en face aucune opposition crédible, laquelle atteinte de tétanie, et dézinguée par des lois taillées sur mesure, Wadagni aura les mains libres pour gouverner, d’autant que le Parlement totalement monocolore ne fera qu’avaliser les projets de la loi de l’Exécutif. Mais une démocratie sans opposition débouche forcement sur des travers du pouvoir, qu’aucun garde-fou ne peut arrêter.
Si la démocratie, ce n’est pas l’élection (1), le nouveau président devra corriger cette tare politique. Son mentor a promis de lui laisser les mains libres. On attend de voir. Ensuite, la question sécuritaire dans la région septentrionale est un dossier costaud que lui lègue Talon. Quelle sera sa posture vis-à-vis des voisins de l’AES notamment avec le Niger et le Burkina ? La poursuite de la modernisation des infrastructures, la justice notamment le cas des reprouvés de la CRIET sont aussi des affaires brûlantes de la Nation.
Enfin, le chômage de la jeunesse qui oscille selon les zones entre 14 et 51 % reste une gageure. Le cas Talon au Bénin montre qu’on peut embrasser une vie après les lambris dorés du palais. Reste à souhaiter qu’entre l’entrant et le sortant, tout se passe bien l
In : La démocratie, ce n’est pas l’élection (Edwy Plenel)
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana


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