Patrimoine immatériel de l’UNESCO : Après la Rumba congolaise le Tiep Bou Dien de la Téranga

Patrimoine immatériel de l’UNESCO : Après la Rumba congolaise le Tiep Bou Dien de la Téranga

C’est le troisième met (plat) à être inscrit sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO. Après la pizza italienne ou le couscous marocain, le Tiep Bou Dien (riz au poisson en langue wolof), un plat très populaire du Sénégal vient de faire son entrée dans la liste restreinte des mets reconnus au plan mondial. Le Tiep Bou Dien (Ceebu jën, selon l’orthographe wolof) est un plat traditionnel composé de riz, de poisson et d’une variété de légumes. Préparé avec ou sans la tomate, il est servi comme plat de déjeuner dans la plupart des ménages et dans les restaurants du Sénégal. La tradition en est transmise de génération en génération.

A travers cette reconnaissance, c’est donc le Sénégal tout entier qui est honoré. Comme le disent les sociologues, l’identité d’un peuple ce sont également les mœurs culturelles dont les arts culinaires. A ce titre, le Tiep  Bou Dien est au Sénégal ce que le Pain est à l’Algérie ou le Tô au Burkina Faso. C’est un acte fort que vient de poser l’UNESCO à travers l’inscription de cette spécialité sénégalaise associée à l’emblématique ville côtière de Saint-Louis, déjà inscrite au patrimoine matériel de la même organisation. Double reconnaissance donc,  pour le pays de la Téranga, dont le dossier de demande d’inscription du Tiep Bou Dien avait été introduit en octobre 2020 par le ministère sénégalais de la Culture.

Ainsi, après la Rumba congolaise, l’Afrique est de nouveau honorée par l’UNESCO et ces deux actes forts devront constituer une invite et une exhortation pour les pays du continent à œuvrer à la promotion de leurs valeurs culturelles qui font la fierté des populations d’Afrique mais en voie d’extinction. Cela passe par l’adoption de politiques culturelles rigoureuses et ambitieuses qui dans un premier temps assureront la sauvegarde de ces milliers de trésors dont recèlent le continent mais laissés en souffrance par un manque d’attention ou encore par simple négligence de politiques peu soucieux de la chose culturelle. Pour s’en convaincre, il suffirait de parcourir les villes et campagnes africaines pour constater le degré d’aliénation des populations influencées par le contact avec les cultures occidentales, qui tendent à s’imposer comme une règle de vie générale.

 Les récentes inscriptions de la Rumba congolaise et  du Tiep Bou Dien dans cet univers restreint, pourraient alors constituer une source de motivation à tous les promoteurs culturels qui font de la conservation des mœurs et valeurs culturelles leur cheval de bataille à ne pas se laisser abattre par la fatigue ni le découragement, car la noblesse du combat l’exige.

Davy Richard SEKONE

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