Plainte contre Soro en France pour «assassinat et crimes de guerre» : Attention le fantôme d’IB va hanter la République

Plainte contre Soro en France pour «assassinat et crimes de guerre» : Attention le fantôme d’IB va hanter la République

Le Rubicond est désormais franchi en Côte d’Ivoire avec la fouille dans les poubelles du cahotement politico-militaire des années 2000. Avec la plainte pour «assassinat et  crimes de geurre» contre Soro, en vérité, relative à l’un des emblématiques : l’assassinat d’Ibrahim Coulibaly alias «IB». Qui a tué IB ? Selon les avocats des plaignants, ce serait Soro, qui aurait été «le commanditaire» de l’enlèvement, de la torture et de l’assassinat de celui qui est présenté comme le véritable patron de l’ex-rébellion qui a fait le coup de feu contre Laurent Gbagbo le 19 septembre 2002.

Pour les plaignants, le désormais exilé ivoirien parisien Soro, est devenu un justiciable français et la justice de ce pays peut se saisir de l’affaire. «Faux, dénonciation calomnieuse et plainte», a aussitôt réagit l’ex-président de l’Assemblée nationale via ses avocats.

Si plusieurs versions circulent sur la mort d’IB, il y a une habituellement réservie, à gogo : Laurent Gbagbo tombé, le président Ouattara aurait demandé à IB de déposer les armes, lui qui était à la tête du célèbre «commando invisible», qui donna du fil à retordre aux loyalistes d’alors. Ayant demandé en vain de rencontrer le président Ouattara, il aurait été encerclé dans son QG à Abidjan et froidement exécuté. Qui a diligenté ce crime d’Etat ? Qui a été le bras armé ? A qui a profité cet assassinat ?

On savait à l’époque les relations exécrables entre Soro et IB. Le second  accusant le1er de lui avoir volé son bébé, c’est-à-dire «sa rébellion». On connait aussi sa traversée du désert par fuites exil et condamnation, et son retour en 2010 pour reprendre la tête du «commando invisible».

En exhumant ce dossier nauséabond pour toute la République ivoirienne, manifestement les adversaires de Soro, n’entendent pas faire de quartier. Or les ouailles de ce dernier répliquent à l’adresse de la fille d’IB que ce sont les Forces républicaines de Côte d’Ivoire, entendez, fidèles à Ouattara qui ont tué IB qui s’apprêtait à faire un pronunciamiento putschiste. Les ex-Forces nouvelles s’y seraient pour rien !

Pourquoi sortir ce dossier 9 ans après, au moment où le torchon brule entre Soro et Ouattara ?

Attention cependant, le fantôme d’IB,  ce bel homme élégant, le fantôme de celui qu’on surnommait «Djibilan» (invisible en langue koyaka) risque de hanter beaucoup de personnalités notamment tous ceux qui ont profité de la rébellion et de sa suite. Car un tel crime forcement d’Etat ne saurait avoir été perpétré sans le feu vert à tout le moins orange de décideurs. Pire, pourquoi à l’époque, une chape de plomb s’est-elle revêtue sur cet assassinat ? Parce que ça arrangeait tout le monde. Alors ressortir ce cadavre du placard pour accabler Soro, pourquoi pas, s’il y est pour quelque chose, au mot crime, il faut dissocier châtiment. Reste à savoir s’il est le seul ou s’il est l’éminence grise  de cette tuerie.

Dans tous les cas, c’est désormais un dossier qui va empoisonner la Côte d’Ivoire et il risque même de provoquer un effet domino de dénonciations de crimes non élucidés tels que Robert Gueï et autres Emile Boga Doudou, Désiré Tagro .

La rédaction

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