Policiers et militaires radiés : Les éléments tiennent toujours à regagner les rangs

Policiers et militaires radiés : Les éléments tiennent toujours à regagner les rangs

Une délégation des policiers et militaires radiés de 2011 était face à la presse, hier lundi 6 juillet 2020 à la Bourse du travail de Ouagadougou. Ces policiers et militaires ne sont pas satisfaits de la résolution actuelle de leur problème à travers l’octroi d’une aide à la réinsertion sociale. Par conséquent, ils demandent la mise en application des propositions détaillées du HCRUN portant sur leur reversement à la fonction publique.

L’arbitraire, l’impunité liés à la mauvaise gestion des ressources humaines et financières, les traitements inhumains et dégradants avec pour corolaire la culture d’esprit citoyen et loyaliste, d’égalité et d’équité ont donné naissance à une révolte générale de toute l’armée et de la police, ont laissé entendre les policiers et militaires radiés. Ils ont ajouté qu’en plus de cela, 700 éléments se sont retrouvés éjectés des rangs de l’armée et de la police nationale en 2011.

«De tous les tons nous nous sommes faits entendre ; d’aucuns ont prêté l’oreille attentive et certains que nous avons pu identifier ont œuvré à étouffer la vérité parce que compromettante vis-à-vis de leurs rangs sociaux ou administratifs», a expliqué le porte-parole des policiers radiés Mahamadi Tidiga. Lui et les siens restent convaincus qu’aucune matière ne résiste mieux au temps que la vérité. «Nous n’y sommes pour rien et le HCRUN même l’a confirmé lors de notre entretien au CENASA le 13 septembre 2019», foi des conférenciers.

Parlant du HCRUN, les radiés au cours de la conférence de presse, ont tenu à lui  dire merci pour le travail abattu. «En même temps nous leur disons qu’ils ont trahit leur triptyque qui est Vérité-Justice-Réconciliation car au lieu de nous réconcilier à travers la vérité et la justice, le gouvernement et le HCRUN ont décidé de balayer la réintégration et même les propositions détaillées faites par l’institution, en nous octroyant une aide minable à la réinsertion sociale, chose que nous avons accepté malgré nous», ont-ils poursuivi.

Par ailleurs, ces ex-FDS disent douter de l’impartialité avec laquelle le HCRUN a traité leur dossier, «si non, comment comprendre que le gouvernement mette en place une structure budgétivore chargée de réconcilier les filles et les fils de la nation et ne pas prendre en compte ses recommandations». «Pourquoi donc la création du HCRUN si sa voix et ses propositions ne comptent pas ?», se sont-ils interrogés.

En outre, les conférenciers se demandent s’il ne s’agit pas d’une institution de récompense de camarades de longue ou de courte date. «Nous radiés ne sommes donc pas d’accord avec cette manière de résoudre notre problème qui est l’octroi d’une aide insignifiante à la réinsertion sociale. A notre niveau, cette aide n’est rien d’autre qu’une insulte à notre dignité», a indiqué M. Tidiga.

Ainsi donc, les policiers et militaires radiés de 2011, n’étant pas du tout satisfaits de la résolution actuelle de leur problème qui est l’octroi d’une aide à la réinsertion sociale, demandent la mise en application des propositions détaillées du HCRUN portant sur leur reversement à la fonction publique. Lesquelles propositions, leur avaient été communiquées à huis clos par le HCRUN en avril 2018.

Pour eux, vu la situation sécuritaire dégradante du pays, vu que c’est par vocation qu’ils sont venus à la sécurité et la défense, vu qu’ils peuvent apporter leur soutien indéfectible à leurs camarades des rangs, ils ont une fois de plus demandé pardon à la nation entière tout en espérant leur réintégration au sein des FDS.

«Le Burkina se construira par un dialogue franc, un pardon honnête et sincère et avec la participation de tous les Burkinabè comme le recommandent  les anciens et sages de l’Appel de Manéga», foi des radiés.

Concernant l’indemnité de 3 500 000 FCFA perçue par les uns et 1 500 000 FCFA par les autres, les conférenciers ont souligné avoir été à l’assiette malgré eux. «Si tu refuses de prendre cet argent, qui va accepter de t’aider en cas de besoin». C’est pourquoi, ils avaient souhaité un travail que de l’argent. «Les éléments ont fini de bouffer les sous qu’est-ce qu’on fait». Les conférenciers ont rappelé que seulement quelques-uns d’entre eux ont été reconnus coupables, pourquoi donc ne pas reprendre ceux qui n’ont rien à se reprocher surtout dans le contexte sécuritaire que connait le Burkina.

 Aline Ariane BAMOUNI

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