Présidentielle en Ouganda :  Museveni puissance 6 en branle

Présidentielle en Ouganda :  Museveni puissance 6 en branle

Stabilité, pauvreté divisée par 2, PIB de 6% en 2019, le président-candidat ougandais Yoweri Museveni ressasse son bilan pour convaincre les 18 millions d’électeurs qui devront le départager, d’avec les 10 autres candidats, dont son poil à gratter, Bobi Wine.

C’est le duel politique entre 2 générations : l’un a 76 ans, l’autre 38, l’un vétéran de la guérilla, l’autre, jeune chanteur, rebelle, portant seulement ses idéaux en bandoulière. Yoweri Museveni après 35 ans de pouvoir veut continuer l’aventure présidentielle.

Chanteur, rebelle, élu député, maintes fois arrêté et embastillé, ayant échappé moult occasions aux balles des sicaires du pouvoir, Bobi Wine, 38 ans, est véritablement l’opposant de Museveni pour le scrutin de ce 14 janvier.

Rien que depuis le 3 novembre dernier, délai du dépôt des dossiers de candidatures, Bobi Wine a été arrêté plusieurs fois, il y a eu de chaudes journées à Kampala, des blessés et des morts.

En vérité, ce scrutin est tellement disproportionné, tant en ressources, qu’en ressorts surtout en violences et intimidations entre Museveni et Bobi Wine, qu’il s’apparente à un combat entre le pot de fer contre le pot de terre.

Celui qu’on surnommait il y a quelques années le Bismark des Grands Lacs, semble vouloir en finir avec cette mouche du coche, qu’est devenu celui qui n’avait que 3 ans lorsque lui prenait le pouvoir par les armes.

Demain en Ouganda, ce ne sera pas la démocratie qui va s’exprimer, mais la force d’un homme qui régente d’une main de fer un pays. Museveni puissance 6 va encore se déployer, avec des bastonnades, des emprisonnements, des coupures d’internet, des victimes. Large chapeau vissé sur la tête, il a battu campagne, laissant ses sbires, régler les comptes à Bobi Wine et ses militants. Ainsi va la démocratie en Afrique, pardon la théatocratie pour paraphraser Platon. Et pourtant depuis 1986, Museveni avait bien suscité l’espoir par ses actes, et ses prises de position. Il a réduit la pauvreté par 2, a sécurisé le pays qui était livré aux tueurs de Joseph Kony mais ce gain engrangé est en passe d’être vendangé, car avec 80% d’une population qui a moins de 35 ans, Museveni est devenu un OVNI politique en Ouganda… complètement déconnecté. Il aurait pu passer la main, suivre l’exemple de son voisin mozambicain Joaquim Chissano, et aller tranquillement être un gentleman farmer, dont il a les allures, malgré les dorures du palais. Non, aujourd’hui 14 janvier, il rempilera dans la violence, et le forcing. Tant pis pour l’alternance et la démocratie.

La REDACTION

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