Présidentielle ivoirienne : Le 31 octobre est-il tenable ?

Présidentielle ivoirienne : Le 31 octobre est-il tenable ?

A mesure que s’approche l’échéance du 31 octobre 2020, la météo politique en Côte d’Ivoire  se dégrade davantage, au point de susciter une interrogation fondamentale: La date du scrutin parait-elle réaliste aujourd’hui ?

En effet, depuis l’appel  des ténors de l’opposition à la désobéissance civile pour exprimer leur désapprobation au scrutin présidentiel du 31 octobre, la tension est palpable à Abidjan et dans certaines localités du pays avec comme point d’orgue Dabou où des affrontements intercommunautaires entre allogènes Dioulas et autochtones Adiouktrous ont laissé sur le carreau 16 personnes et faisant 67 blessés, selon un bilan officiel. Et selon le ministre de la sécurité, Vagondo Diomandé, les premières investigations menées ont permis de révéler que ces actes de violences ont été suscités à dessein par des individus infiltrés pour commettre le désordre dans cette localité au sud du pays. Un regain de violences qui laisse entrevoir qu’il y a péril au bord de la lagune Ebrié. Certes, le mot d’ordre des opposants pour gripper le processus électoral a encore du mal à être suivi par nombre d’Ivoiriens mais ce qu’il faut bien craindre, eu égard à cette horreur de Dabou, c’est de voir cette foire d’empoigne entre les pros et les contre un troisième mandat du président sortant,  Alassane Ouattara basculer sur le terrain du communautarisme. La supposée participation des milices armées aux affrontements meurtriers à Dabou n’augure rien de bon d’autant que les dernières mutineries ont révélé qu’il y a encore des armes dans la nature échappant au contrôle de l’Etat. Et à moins d’une semaine de cette présidentielle, des tracts sont distribués dans des quartiers d’Abidjan définissant un certain nombre de recommandations à compter de ce lundi 26 octobre, comme par exemple l’érection des barricades aux entrées etaux sorties des villes, l’arrêt des transporteurs de vivres ou encore la fermeture des points de retrait des cartes d’électeurs.

A scruter donc l’atmosphère politique,  l’on peut y voir des signes avant-coureurs d’un retour des vieux démons des tensions politiques qui ont fait basculer la Côte d’Ivoire dans une grave crise sociopolitique. Il faut souhaiter que cette désobéissance civile émaillée de violences physiques et de destructions des biens privés et publics, ne se termine pas par la loi des kalachs.

Idriss Traoré

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