Présidentielle togolaise du 22 février : Les chancelleries donnent Faure perdant et pourtant, il va gagner !

Présidentielle togolaise du 22 février : Les chancelleries donnent Faure perdant et pourtant, il va gagner !

Du Canada Dry, voilà la boisson encore ingurgitée par les 3,6 millions d’électeurs togolais qui se sont rendus dans les isoloirs ce samedi 22 février pour élire le président de la République parmi les 7 postulants dont le chef de l’Etat sortant. Le Canada dry, ce breuvage du pays de l’érable qui a tous les aspects d’une boisson alcoolisée, mais qui n’en est pas une ! C’est de la sucrerie !

Tout est là au Togo : Commission électorale, bureaux de vote, présence d’assesseurs, et même d’observateurs, les résultats sont proclamés par la CENI, et confirmés par la Cour constitutionnelle, mais quelque part les Togolais ont toujours l’impression qu’ils sont floués de leurs choix, et ce à chaque élection !

Exception faite du 2nd tour introduit par la réforme constitutionnelle qui a en même temps réhabilité l’article 59 de la Constitution du 14 octobre 1992, ouvrant des mandats illimités, donc zéro de marqué au compteur de Faure Gnassingbé, on retiendra que ce 4e scrutin présidentiel de 2020 ressemble à s’y méprendre aux 3 précédents de 2005, 2010 et 2015, les violences un peu en moins, encore qu’il faudra attendre de voir. Mais aussi en l’absence de nombreux observateurs dont on ne regrettera pas la présence frappés qu’ils sont de cécité et dont les rapports siamois à chaque scrutin, estampillés de blanc-seing, nuancés de la fameuse phrase : «des fraudes et incidents qui n’ont pas d’impact sur le vote» ont fini par imposer la piètre estime dont les tiennent les citoyens.

D’une part, on a toujours le même représentant de la famille Gnassingbé, qui depuis qu’il s’est rassis sur le fauteuil du pater familia d’abord par la force le 7 février 2005, puis par les urnes le 24 avril de la même année, n’entend plus le quitter, face à des opposants, qui aussi n’en mènent pas large.

Mais si quelque part les Togolais sont blazés par ces scrutins dont ils sont convaincus qu’ils sont pipés, c’est parce que la preuve est faite que le pouvoir, a instauré les règles du jeu, dont il en maîtrise parfaitement les mécanismes, et qu’il peut donc changer, voire les manipuler.

Le vœu cher du 2nd tour est acquis, mais la vitale question des dépouillements des PV, sur place dans les bureaux de vote donne l’urticaire au pouvoir, qui table toujours sur la loi et impose donc la commodité des centralisations, voie royale selon l’opposition vers des fraudes par des PV non validés ou des urnes bourrées sans PV…

Ensuite, si en 2005, l’unanimité a été faite autour de Gilchrist recalé, et remplacé par Bob Akitani, au fil du temps, la multiplication des candidats a fini par émietter un électorat fortement marqué ethniquement, et par la bagarre des égos. Chacun des opposants prône une candidature unique, la sienne.

«L’Obama» Togolais Jean-Pierre Fabre, se considère comme l’opposant naturel, ce que n’entend pas de cette oreille, le volubile et truculent Gabriel Agbeyomé Kodjo, dont les sorties à chaque présidentielle sont des surenchères et des provocations inutiles. Notre envoyé spécial au Togo qui s’est rendu à plusieurs reprises au siège de MPDD son parti, et assisté à ses meetings décrit un personnage, à la morgue légendaire et très sentencieux. L’encerclement de son domicile au quartier de Forever dès hier 23 février pour soit disant le protéger,  est la conséquence de ses cassus belli récurrents (Lire page 7-8).

«Toutes les chancelleries au Togo évoquent une défaite de Faure», confie un diplomate à notre envoyé spécial, et pourtant à regarder la carte électorale, les fautes politiques de l’opposant et la prime au sortant, le président-sortant va rempiler. Et pure si mueve ! Et pourtant, elle tourne ! S’était écrié Galilé qu’on conduisait au bûcher pour qu’il contredise sa thèse astrologique. Election imperdable pour le président-sortant avec :

– Le vote ethnique et régional, Faure issu du Nord de par son père et du Sud par sa mère, partage toujours la poire en deux.

– L’absence au parlement de l’opposition minée par des querelles de clochers, (Sokodé par exemple ne jure que par Tikpi Atchadam, du PNP lequel est réfugié au Ghana) et si l’opposition parvient même au second tour par extraordinaire, elle ne pourra pas faire pièce à Faure, faute de trouver le mouton à 5 pattes, le champion unanime, même si ce dernier a les suffrages requis.

En attendant que la CENI proclame les résultats aujourd’hui ou demain, l’atmosphère est toujours lourde à trancher au cimeterre comme à chaque avant livraison de résultats présidentiels. Même s’il faut espérer que 2020 soit plus pacifique.

Sam Chris

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