Présidentielle togolaise du 22 février : Un scrutin à huis-clos ?

Présidentielle togolaise du 22 février : Un scrutin à huis-clos ?

Les 500 paires d’yeux scrutateurs de la Concertation nationale de la société civile (CNSC) ne darderont pas leur regard sur le déroulement du processus électoral au Togo. Ainsi en a décidé la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Le Conseil épiscopal n’aura pas meilleur sort. Brocardé de prendre des positions assez  «partisanes», on a aussi prié les soutanes de garder croix, Bible et chapelet fureteur hors des isoloirs et des bureaux de vote. La commission électorale, et donc les autorités, croit également que son observation pourrait ne pas être … catholique ! Pas catholique pour qui, pour quoi et contre quels intérêts publics ou privés, ceci est une autre paire de manches !

Quoi qu’il en soit, il n’y aura pas beaucoup de monde pour observer et attester ensuite que le scrutin s’est déroulement dans les conditions les plus transparentes possibles. Le Togo s’apprête par conséquent à vivre une élection en vase clos, un choix de directeur de destin qui se fera loin des regards indiscrets et des bouches capables de semer le trouble par une simple phrase : «cette élection n’a pas été transparente !».

Et ce n’est pas tout. Pour corser l’addition du manque de transparence, les résultats ne seront pas dépouillés sur place dans les bureaux de vote mais seront acheminés pour être centralisés au siège de la CENI. Il n’est pas question ici de chercher des poux sur un crâne rasé,  mais il faut admettre que l’acheminement manuel de résultats n’est pas non plus le moyen le plus sûr de garantir l’intégrité des enveloppes sous scellés. Entre le point A du départ des résultats jusqu’au point B de leur arrivée à la CENI, il y a beaucoup de mains qui peuvent être frappées par la tentation de la manipulation. Et à l’ère du numérique et du traitement par satellite des résultats d’élections, il est dommage que le Togo du Tout-Puissant Faure Gnassingbé soit toujours à ce stade.

Quoi qu’il en soit, un grand boulevard s’est ouvert devant le candidat sortant, candidat à sa propre succession. A moins d’un tsunami, le fils de son père est bien parti pour décrocher un quatrième mandat. L’Opposition pèse le poids qu’elle pèse et la réalité du terrain a montré qu’elle a encore du chemin à faire pour pouvoir tutoyer le président dynastique. Mais attention ! Ne décidons pas déjà à la place des Togolais !

Ahmed BAMBARA

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