Prestation de serment de William Ruto au Kenya : Travaux d’Hercule pour «débrouillard» milliardaire

Prestation de serment de William Ruto au Kenya : Travaux d’Hercule pour «débrouillard» milliardaire

Sa victoire entérinée par la Cour suprême, William Ruto a prêté serment hier 13 septembre 2022. Une cérémonie au cours de laquelle, le président élu du Kenya, conscient que son magistère ne sera pas une sinécure, a promis d’être le président qui transformera les rêves en réalités.

 Réaliser les ambitions de ses compatriotes, être le Hérault (des portes d’opportunité) qui s’ouvrent, travailler à ce que les «modèles de réussite ne soient plus des exceptions, mais la norme». C’est la poursuite de son discours de campagne qui a fait mouche, que le nouveau président a campé dans son propos de prestation de serment. Et en la matière, sa trajectoire en impose. Quand on s’empare du pouvoir suprême, les biographes et autres hagiographes mélangent le vraisemblable, de ce qui est enjolivé. L’histoire invérifiable veut que le président élu au Kenya, ait porté sa première paire de chaussures à 15 ans, qu’il ait trimé sur les bords des routes de la vallée du Rift à vendre des œufs et des poulets avant de devenir le Tycoon … financier qu’il est. Ensuite, il a gagné parce que tout en restant vice-président alors que ses relations avec le président sortant, Uhuru Kenyatta sont très mauvaises, il a su capitaliser la sympathie de certains Kikuyus, l’ethnie majoritaire, laquelle ethnie n’a d’ailleurs pas entériné le «deal» de Uhuru, qui a misé sur Raila Odinga, lequel a passé des années à les vilipender. Rétrospectivement, Ruto peut aussi remercier le président Daniel Arap Moi, sous le règne du quel son étoile a commencé à luire, il a été élu député sous lui, mais aussi son actuel adversaire Uhuru Kenyatta, qui a fait de lui son colistier en 2013.

Voici donc un «débrouillard» milliardaire à l’épreuve du pouvoir suprême. Face à des travaux d’Hercule. Que fera-t-il de sa gouvernance dans un Kenya, classé comme pays à revenu intermédiaire mais qui pourtant comporte de nombreux défis et pas des moindres. 3 Kenyans sur 7 ont moins deux dollars selon la Banque mondiale, qui indexe aussi une inflation grimpante ces dernières années.

La croissance qui oscillait entre 5 et 6% est retombée sous les coups de boutoirs du Covid-19 à 0,3% en 2021. 30,8% de la population sont dans la pauvreté. Et les institutions de Brettons Wood, notamment la Banque mondiale estime que la non-soutenabilité de la dette est «très élevée».

Alors, il faudra à William Ruto pour qu’au moins la majorité de ses compatriotes puissent améliorer leurs quotidiens, à défaut de se transformer en Crésus, il faudra que le «débrouillard» milliardaire puisse booster certains secteurs comme l’économie de service (46,5% du PIB), l’Agriculture (37,5% du PIB) et surtout résorber le chômage des jeunes, dont 75% des moins de 35 ans en sont victimes. Pourra-t-il inverser toutes ces tendances lourdes négatives ? A tout le moins les améliorer considérablement ? Le milliardaire parti de rien qui est devenu Midas peut-il démultiplier son exemple ? A défaut, concrétiser les espoirs des Kenyans ? On aura le cœur net d’ici quelques temps.

La REDACTION

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