Printemps des partis politiques : 2022 comme 1990 quoique …

Printemps des partis politiques : 2022 comme 1990 quoique …

Comme si les quelques hallebardes qui tombent drues en ce mois d’août faisaient pousser les nouvelles formations politiques, il s’en crée chaque semaine, fruit d’ex-démissionnaires des partis de la majorité ou de l’opposition.

C’est le PPS d’Abdoulaye Mossé qui en avait donné le là. On avait dit que c’était trop tôt, et que c’est la sécurité du Burkina, qui importait. Ce qui était vrai, car avec un pays pris en sandwich par des terroristes qu’essayent de desserrer les FDS et VDP, ce n’est pas d’abord la politique qui était l’urgence. Mais ici, il y a une sorte de «en même temps», car  ceux qui s’adressent aux autres pour leur dire «sécurité d’abord», sont soit en activisme politique débridé pour rassembler leurs ouailles dont nombreux se cherchent un point de chute ou  soit ont carrément largué les amarres, si ce n’est pour contrer purement le MPSR.

Smaila, Mossé, Bachir,… des Tall Moctar, Ludovic Tou, Hermann Yaméogo  de 2022

Front patriotique de Germain Nama et Cie, les Démocrates de Smaïla Ouédraogo, et les prochains jours, le supposé bébé de Bachir Ouédraogo, autre transfuge du MPP. Parmi ces démissionnaires emblématiques, on peut noter, et la liste n’est pas exhaustive qu’il y a Urbain Yaméogo (UPC à Démocrates), Elisée Kiemdé, (UPC à son parti et maintenant à Démocrates), OuIlio Zalissa Koumaré (NTD à Démocrates) …

Ce sont les Alain Ludovic Tou, Moctar Tall (GDR), Hermann Yaméogo (MDP, ADF, ADF-RDA, UNDD …), Issa Tiendrébéogo (GDP), Oumarou Clément Ouédraogo (PTB), Marc Yao Oubkiri) (CNPP/PSD), PCLI (Marlène Zébango), UDS (Dasmané Zèba), RSI (Alain Yoda), version 2022. Encore qu’on est loin du contexte des années 90. A la différence il y a 30 ans, la naissance de ces partis avait pour but de rejoindre le Front populaire pour accoucher de l’Etat de droit (17 partis donneront par exemple leur accord pour la rédaction de la Constitution du 2 juin 91, rédaction dirigée par le médecin-commandant Bognessan Arsène Yé, le magistrat Benoît Lompo, et deux juristes de France. Pour la petite histoire c’est à l’époque que pour réussir sont projet Blaise a décidé l’opération 3000 abonnés pour Sidwaya et le maintien de 43 millions de subvention au quotidien d’état, (une fortune à l’époque) lequel a bien appuyé les premiers pas de ce retour à la démocratie.

En 2022, après une insurrection (30-31 octobre 2014) une transition (2015) et un pouvoir élu (2015), celui de Roch Kaboré et réélu en 2020, voici le Burkina de nouveau en transition, suite au putsch du lieutenant-colonel Damiba.

On parle terrorisme tout en étant en précampagne

Le cap des élections étant pour juillet 2024, chacun migre vers un parti, de préférence, une nouvelle formation, car la croyance et la rhétorique actuelle est que, c’en est fini des anciens partis, lesquels dégoûtent les électeurs sans oublier que beaucoup, éclateront en mille morceaux, d’autres n’auront pas les moyens, bref, chacun y va de ses calculs … Quel sera par exemple l’avenir du MPP ? De l’UPC ? De l’UNIR/PS agglomérée dans le Front patriotique ? Qui sera le champion du PPS ? Quid du CDP englué dans une interminable guerre de légalité et de légitimité ? Tous ces démissionnaires feront-ils mouche aux élections 2024 ? Tout en intégrant, et en suivant de près la posture du MPSR, qui est au pouvoir et qui entend assurer ses arrières ? Par quoi ? Par une dévolution du pouvoir à des dirigeants qui leur seront favorables ou par une candidature de Damiba qui fera tomber la tenue, aval d’une relecture de la Charte à l’appui ?

Au Burkina, on parle insécurité, on tape sa poitrine pour parler patriotisme, mais on n’en pense pas moins aux élections de 2024. De toute façon, il faut faire la politique, sinon si les meilleurs restent de côté, ce sont les flibustiers qui s’empareront de la chose politique et bonjour les dégâts. (Lire  en encadré Paroles éclairées de l’opposant sénégalais Ousmane Sonko).

La REDACTION

COMMENTAIRES

WORDPRESS: 1
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    cellou 4 semaines

    Urbain etait avec Salif Diallo au MPP; C’est Rabi qui a quitté upc pour pps

  • Aujourd'hui au Faso

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