Procès «cocaïne» et affaire Aïvo au Bénin : En attendant le 5 août !

Procès «cocaïne» et affaire Aïvo au Bénin : En attendant le 5 août !

Il s’agit d’une sombre affaire qui a fait les choux gras de la presse béninoise qui vient d’être portée devant les tribunaux. Hier jeudi 15 juillet 2021, s’est ouvert le procès dit «cocaïne», qui fait suite à la saisie record  de 145 kg de drogue, dans un conteneur le 18 mai dernier, dans le port de Cotonou.  A la barre,  le chef de la brigade des stupéfiants et 11 autres complices.

Mais dès l’ouverture de l’audience, le dossier confié à la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET)  fera l’objet d’une intrusion du parquet qui demande à la CRIET de se déclarer incompétente au profit de la Chambre Correctionnelle de la CRIET saisie au préalable. Cette volonté du parquet de dessaisir cette juridiction du dossier afin de le confier à une chambre correctionnelle inquiète et laisse planer des grosses suspicions sur ses intentions. En attendant le 5 août prochain, date à la laquelle il devra se prononcer sur la compétence les Béninois devront encore patienter pour savoir les linéaments de cette sombre affaire.

Concomitamment à ce dossier, était inscrite au rôle de la CRIET, l’affaire  de l’opposant béninois Joël Aïvo, arrêté au lendemain de l’élection présidentielle d’avril dernier pour «atteinte à la sûreté de l’Etat et blanchiment de capitaux». Comme le précédent, ce  procès n’ira pas sur le fond, car le procureur a émis des exceptions sur la compétence de cette cour à connaître ce dossier. Face à ces incertitudes, c’est encore la date du 5 août prochain qui a été retenue pour le délibéré. 

Sans verser dans la partialité, il est certain que ces reports n’ont pas été décidés pour œuvrer à la «manifestation de la vérité» ou baliser le terrain contre toutes dérives judiciaires que connaissent nombre d’Etat africains,  mais pour punir des hommes qui ont eu le malheur ou encore la mauvaise fortune de se trouver au mauvais endroit. Du reste, les avocats de l’opposant ont émis des réserves sur ce procès.  Selon ses avocats, «toutes les garanties d’un procès équitable et les droits de la défense sont systématiquement bafoués» depuis le début de la procédure.

La Criet, mise en place en 2016 par le pouvoir, est accusée par ses détracteurs de servir d’instrument judiciaire pour museler l’opposition. C’est cette même cour qui est en charge de juger Reckya Madougou, une autre opposante importante, arrêtée quelques semaines avant le scrutin.

Rendez-vous donc dans plus d’une vingtaine de jours pour connaître la décision du parquet sur la destination de ces deux affaires qui retiennent les attentions.

La rédaction

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