Procès Soro et 19 conjurés en Côte d’Ivoire  :  Ça tombe mal pour la réconciliation nationale !

Procès Soro et 19 conjurés en Côte d’Ivoire : Ça tombe mal pour la réconciliation nationale !

Guillaume Soro lui-même et plusieurs de ses compagnons seront jugés in absentia, mais 13 de ses conjurés étaient à la barre hier 19 mai 2021 pour répondre d’un présumé «complot et atteinte contre l’autorité de l’Etat ». L’objet du crime, un enregistrement audio de 7 mn, jugé séditieux par le procureur Adou Richard, puisqu’on entend l’ex-président de l’Assemblée nationale, évoquer une insurrection, des soutiens dans l’armée, et une campagne de communication pour «salir» le pouvoir de Ouattara.

En exil, et déjà sous le poids de 20 ans de prison écopé l’année dernière, pour «blanchiment et recel de détournements de deniers publics», voici Soro qui n’en a pas encore fini avec la justice de son pays, qui est d’ailleurs à ses trousses. Où se trouve-t-il de nos jours ? Nul ne le sait depuis, que Soro a quitté la France pour des motifs d’écart langagier, ou plutôt de no-observance de l’obligation de réserve, on le dit tantôt en Turquie, tantôt en Angleterre, sans qu’on ne sache vraiment où l’enfant terrible de Ferké a déposé ses pénates.

Depuis d’ailleurs le 23 décembre 2019, jour où il dérouta son avion qui s’appetait à atterrir sur Abidjan, pour Accra, Guillaume Soro est devenu un fuyard, un paria.

Hier dans la salle des pas perdus du Tribunal d’Abidjan, après les mic-macs procéduraux chacun sachant que la forme tient le fond en l’état (entre avocats-parties civiles et procureur), sur une demande de liberté provisoire (rejetée) et des pièces à compléter, le procès a été renvoyé au 26 mai.

Qu’attendre de ce jugement dont la figure, iconique, Soro sera aux abonnés absents ? Pas de grande surprise, certains de ses fidèles tels que les Alain Lobognon, Simon Soro et autres qui affichaient d’ailleurs une sérénité hier malgré les mois d’embastillement à la MACA, ces lieutenants de Soro, appréhendés et emprisonnés donc, sont un indicateur, qu’il aurait été difficile à Soro s’il était physiquement présent d’échapper à la prison, quelle que soit la pertinence des plaidoiries de ses avocats. Car on le sait, ce procès exhale une forte odeur politique. Refus d’adhérer au RHDP, bravades, bisbilles avec des caciques du Parti unifié … Ce sont les vraies raisons de cette cavalcade judiciaire.

Soro a du libérer le tabouret (démission du perchoir) et alors débuta une tambouille feutrée puis ouverte entre lui, et celui qu’il aida par la rébellion à accéder au pouvoir, via une élection polémiquée et mortifère en 2010 : Ouattara.

Ce procès est-il opportun actuellement, à l’heure où même au sein du pouvoir, il faut resserrer les rangs après la disparition coup sur coup de 2 premiers ministres, et après une présidentielle meurtrière pour un 3e mandat ? Non, assurément, en ces instants où le mot réconciliation est sur toutes les lèvres, à l’heure où acquittés par la CPI, Laurent Gbagbo et Blé Goudé, s’apprêtent à rentrer, au moment où on claironne le mot paix, il est paradoxal, de donner la vague impression, qu’il y a comme une chasse aux sorcières ! On peut faire moins grossier et allier justice et avènement des cœurs apaisés.

Que l’agenda politique coïncide avec celui judiciaire, ça peut arriver, mais dans le cas de la Côte d’Ivoire, Ouattara aurait été bien inspiré, de faire différer ce procès. Même si par ailleurs, il pourrait user de son pouvoir discrétionnaire pour les gracier après une éventuelle condamnation.

grande surprise, certains de ses fidèles tels que les Alain Lobognon, Simon Soro et autres qui affichaient d’ailleurs une sérénité hier malgré les mois d’embastillement à la MACA, ces lieutenants de Soro, appréhendés et emprisonnés donc, sont un indicateur, qu’il aurait été difficile à Soro s’il était physiquement présent d’échapper à la prison, quelle que soit la pertinence des plaidoiries de ses avocats. Car on le sait, ce procès exhale une forte odeur politique. Refus d’adhérer au RHDP, bravades, bisbilles avec des caciques du Parti unifié … Ce sont les vraies raisons de cette cavalcade judiciaire.

Soro a du libérer le tabouret (démission du perchoir) et alors débuta une tambouille feutrée puis ouverte entre lui, et celui qu’il aida par la rébellion à accéder au pouvoir, via une élection polémiquée et mortifère en 2010 : Ouattara.

Ce procès est-il opportun actuellement, à l’heure où même au sein du pouvoir, il faut resserrer les rangs après la disparition coup sur coup de 2 premiers ministres, et après une présidentielle meurtrière pour un 3e mandat ? Non, assurément, en ces instants où le mot réconciliation est sur toutes les lèvres, à l’heure où acquittés par la CPI, Laurent Gbagbo et Blé Goudé, s’apprêtent à rentrer, au moment où on claironne le mot paix, il est paradoxal, de donner la vague impression, qu’il y a comme une chasse aux sorcières ! On peut faire moins grossier et allier justice et avènement des cœurs apaisés.

Que l’agenda politique coïncide avec celui judiciaire, ça peut arriver, mais dans le cas de la Côte d’Ivoire, Ouattara aurait été bien inspiré, de faire différer ce procès. Même si par ailleurs, il pourrait user de son pouvoir discrétionnaire pour les gracier après une éventuelle condamnation.

Le Burkina a également un problème similaire. Alors que Zéphirin Diabré ministre de la Réconciliation nationale crapahute pour tracer la stratégie de la réconciliation, Blaise (exilé à Abidjan) et d’autres personnes, sont inculpés dans le dossier Sankara. Ça tombe mal, et même Zèph a eu souvent du souci à clarifier cette concomitance. Chez les voisins ivoiriens, déjà que KKB, l’homologue de Zèph, arrive difficilement à se faire écouter par tout le monde, brandir le glaive de la justice contre Soro et Cie, lesquels ne sont pas au-dessus de tout soupçon comme la femme de César loin d’en faut, leur coller un procès en mondovision, c’est saupoudrer des plaies de sel. Oui, il faut que Soro et autres répondent devant la justice, mais l’approche est bancale, car précédée d’une sorte de vendetta.

Car entre Ouattara et Soro, il est des moments où il faut se dire que ce fut l’arbre et l’écorce. Ils se connaissent tellement bien, que cette bagarre entre eux, est inextinguible, chacun a franchi trop la ligne rouge. Mais pour la réconciliation nationale, on peut faire un arrangement. Car réconcilier, c’est s’arranger. Comment ? Pas sur le dos de la justice et de la vérité, mais la formule peut être trouvée. Hélas, ici, il y a le fauteuil présidentiel qui sépare désormais les 2 hommes. Une lutte à mort est engagée, que même la fragile justice humaine ne peut régler. Dommage que les hommes politiques n’apprennent jamais de l’histoire.

La Rédaction

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