Prorogation de l’état d’urgence : Un projet de loi sur la table des députés

Prorogation de l’état d’urgence : Un projet de loi sur la table des députés

Des rires par ci, de la parenté à plaisanterie par-là, c’est ce à quoi ressemble à l’accoutumé, l’ambiance à l’Assemblée nationale, lors des séances plénières. Cependant, hier mardi 8 janvier 2019, à l’ouverture de la première session spéciale consacrée au projet de loi portant autorisation de prorogation de l’état d’urgence, l’ambiance était tout autre, à en juger par le silence mortuaire qui abrite la salle et la tristesse qui se lisait sur le regard de chaque député. Cette session spéciale est consacrée au projet de loi portant autorisation de prorogation de l’état d’urgence. Par ailleurs, une commission dénommée CAGIDH a été saisie au fond, pour examiner ledit projet de loi. En attendant l’adoption de ce projet de loi le vendredi 11 janvier 2019, Bala Alassane Sakandé a tenu un discours à cet effet.

C’est quoi l’état d’urgence ? Dans un Etat de droit, l’état d’urgence est une exception dans la mesure où il touche à l’équilibre entre les pouvoirs au profit de l’exécutif. En effet, sur un temps déterminé, il confère aux autorités administratives des pouvoirs exceptionnels de police sur la réglementation, entre autres, de l’exercice de certains droits comme la liberté de réunion, de manifestation, de circulation des personnes et des biens.

Dans la même circonstance, les mêmes autorités administratives peuvent ordonner la fermeture des salles de spectacles et des débits de boisson, procéder à des réquisitions de personnes et des biens, à des perquisitions dans des domiciles ou à des assignations à résidence. «La sécurité collective étant la matrice de tous les droits, c’est pourquoi, lorsque les circonstances l’obligent, les citoyens doivent consentir à limiter temporairement l’exercice de certains de leurs droits, au nom du premier des droits que constitue la sécurité», s’exprime Bala Alassane Sakandé, à l’ouverture de la première session spéciale consacrée à l’état d’urgence.

Au regard de sa finalité, poursuit-il, qui est d’assurer avec célérité et efficacité la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso et de ramener la quiétude au sein des populations, le présent état d’urgence procède du souci de l’intérêt général. «Je demande à la représentation nationale d’examiner en conséquence le présent projet de loi», a sollicité le premier responsable de l’Hémicycle. Selon lui, c’est un devoir impérieux pour les parlementaires de protéger les citoyens sans distinctions religieuse, ethnique ou politique.

«C’est une exigence que nous devons porter», a-t-il fait savoir. Sous cet angle, il précise que le point du jour de cette session spéciale émane certes d’une décision de l’exécutif, mais qu’ils leurs appartient tous, sans considération d’appartenances politique ou idéologique, d’examiner le projet de loi pour l’intérêt général dont il est porteur et non pour une toute autre considération.

«En ces temps difficiles et face aux épreuves qui nous sont imposées, nous avons plus que jamais besoin de l’unité et du rassemblement sans pour autant faire de l’unanime béat», a indiqué Alassane Bala. A l’entendre, la diversité ethnique, religieuse et culturelle qui constituent la richesse du pays des hommes intègres doit être préservée à tout prix. C’est dans cette perspective, qu’il a annoncé l’organisation dans les prochains mois, d’un forum national sur le dialogue interreligieux, interculturel et interethnique.

Omar SALIA

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