Celui qui comparait depuis hier dans le box des accusés devant le tribunal militaire de Lomé, n’est pas n’importe qui : Félix Abalo Kadanga a été chef d’état-major de l’armée togolaise de 2013 à 2020.
Ce général de 63 ans est un maillon du système, pour lequel il a servi d’abord sous le père Gnassingbé, puis sous le fils. Ce que les Togolais appellent la « fusillade de Pacques » (nuit du 12 au 13 avril 2020) au quartier Kégué pour arrêter les déstabilisateurs, il était à la tête des securocrates. Qui a ordonné de mater les manifestants le 8 décembre 2008 à Lomé qui causa de nombreux blessés et le décès de l’enfant de 11 ans ? Toujours le même Kadanga ! Mais comment expliquer alors que ce bon serviteur de surcroit un haut gradé, au Togo c’est très important et encore proche de la famille présidentielle, comment expliquer qu’il se retrouve face à des juges militaires ?
C’est que le crime pour lequel on l’accable est gravissime et la victime n’est pas non plus n’importe qui : le colonel Bitala Madjoulba, ex-Commandant du BIR, retrouvé tué d’une balle dans son bureau le 4 mai 2020, quelques temps après l’investiture du président Faure. Arrêté le 12 janvier 2023, il est poursuivi pour cet assassinat qui avait semé l’émoi au sein de la population, et fâché disent certains le chef de l’Etat. Avec d’autres officiers, son procès s’était ouvert le 7 novembre 2023. Condamné à 20 ans. Pour vice de formes et manque de preuve, l’officier supérieur est de nouveau à la barre, et ses avocats réclament la relaxe. Alors que la famille exige la vérité et la justice. Qui a ordonné et armé le meurtre de Madjoulba, qu’on disait un valeureux officier ?
La rédaction


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