RDC: Goma, ville escargot : La société civile obtiendra -t-elle plus de résultats ?

RDC: Goma, ville escargot : La société civile obtiendra -t-elle plus de résultats ?

Et on reparle de Goma, ville martyre de l’Est de la République démocratique du Congo. Hier lundi 26 septembre 2022, Les activités socio-économiques dans cette partie du pays étaient paralysées suite au mot d’ordre de ville -morte lancé par plusieurs organisations de la société civile. Il s’agit pour ces organisations de dénoncer l’occupation de la ville de Bunagana, tombée aux mains des rebelles du M23 depuis le 13 juin dernier.

Cette grève générale a été convoquée pour exiger entre autres «  la libération de cette cité par les forces gouvernementales, la levée de l’état de siège, une mesure exceptionnelle ayant donné pleins pouvoirs aux militaires depuis le mois de mai 2021 et le départ de la mission onusienne », accusée d’inefficacité dans la traque des groupes armés. Elle intervient quatre jours après le discours du président congolais, Félix Tshisekedi à la tribune de l’ONU. Sur la situation à l’Est de son pays, le président congolais avait manifesté sa colère noire et dénoncé les soutiens dont bénéficiaient les groupes armés en activité à ses frontières avec le Rwanda et l’Ouganda. Selon lui, Bounagana, où règne le M23 qui dicte sa loi en est l’illustration parfaite du jeu trouble de ses voisins. Sur la question, les choses sont claires pour les autorités congolaises : le M23 est une excroissance de l’armée rwandaise.

Les tentatives de dégel sont restées vaines. Et la dernière tenue à Luanda sous les auspices de Lourenco n’ont pas produit les effets escomptés. Le fossé entre les deux pays voisins s’est davantage approfondi avec des accusations mutuelles. Pendant ce temps, le M23 continue ses actions offensives. L’arrestation la semaine dernière du lieutenant-général Philémon Yav Irung serait même  liée à la situation de Goma. Le haut gradé est accusé d’avoir voulu corrompre des chefs militaires de laisser entrer le M23 dans la ville de Goma.

La coupe est plus que pleine, et la société civile n’en pouvait plus. C’est donc sa façon de donner de la voix pour exiger plus d’engagement aux troupes congolaises stationnées pour aller à l’assaut de l’ennemi et libérer Bounagana. Le mot d’ordre est clair, cette grève générale est un avertissement et le ton pourrait monter dans les prochains jours.

Naturellement, les Casques bleus sont près de s’en aller avec cette situation et les couacs (bavures, attaques et mis à sac du QG de la MONUSCO) sont des raisons suffisantes. La force onusienne n’est plus en odeur de sainteté avec les populations éprouvées. Ce départ devrait donc être acté avant 2024. C’est-à-dire après les élections de décembre 2023. Mais que pourrait être l’impact de cette grève générale dans un pays dont le quotidien est rythmé par des tensions à ses frontières ?

La société civile par sa pression peut-elle engranger des résultats tangibles ? L’armée congolaise est-elle capable de mener une contre-offensive et libérer Bounagana ? A quel prix, le M23 va-t-il accepter de quitter cette ville ? Ce sont là, les questions principielles auxquelles la présidence congolaise devra répondre. Le défi majeur pour le président –candidat (Félix Tshisekedi) qui semble attacher un prix fort à la pacification de cette zone devra donc retrousser ses manches.  Une victoire militaire ou un compromis pourrait constituer des dividendes politiques pour lui en cette année charnière. Les populations de l’Est de la RDC, soumises aux incursions meurtrières des groupes rebelles n’en demandent pas mieux. C’est du reste ce que leur avait promis le fils du Sphinx : « la paix et la sécurité ».

Richard Davy SEKONE

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